Photo de couverture

O – Ohm part 2 | + La souterraine vol 5

Depuis maintenant quelques années, l’hexagone voit naître de nombreux jeunes artistes glissants côte à côte et à toute berzingue sur le placenta des codes de la chanson et de la pop française. La renouvelant dans un bain (amniotique ?) d’influences souvent anglo-saxonnes (mais pas que), assumant la mise en avant d’un chant en français et surtout développant des visions aussi ambitieuses et multiples que parfois conceptuelles de leur musique (que pas mais).

Dans ce groupement de talents, nous allons arbitrairement identifier une micro galaxie un peu particulière, constituée de mecs/personnages aux histoires d’amour fantasmées souvent compliquées, car fantasmées, rêvant de planètes gazeuses et adorant leur mamie (ou le fantôme de leur mamie). Ceux que l’on verrait bien mettre “sensible” et “synthétiseurs” comme hobbies sur leur Curiculum Vitae, proposent, au-delà des similitudes entre leurs univers, une musique souvent atmosphérique, à la production à la fois artisanale et réfléchie.

Pour l’exemple non exhaustif et pour vous faire découvrir cette scène très “pièce d’or en chocolat”, on pourrait citer des artistes tels que Ricky Hollywood, Flavien Berger, Hello Kurt, Petit Fantôme

Toute cette introduction semi-professionelle afin de vous aider à situer la musique d’ O, projet solo d’Olivier Marguerit (monsieur très actif dans les zupers groupes – vous en connaissez au moins un ! – Los Chicros, Mina Tindle, Syd Matters, My Girlfriend Is Better Than Yours…), qui sort aujourd’hui un deuxième ep – “Ohm part 2” – faisant buller le cœur du Limonadier plus que de raison en ce moment.

Ces huit titres à la mélancolie sage comme un Granddady des grands jours, imbriqués d’éléments acoustiques et électroniques, sont structurés aussi librement que mélodiquement immédiats. Effectivement, pas vraiment de schémas prédéfinis dans ces véritables gâteaux d’anniversaire musicaux (car regorgeant de SURPRISES ! Oh ! Tout le monde était caché derrière le canapé ! Hahahahah ! Merci !).

Mini grand huit qui nous ferait dévaler une colline géante en mousse et exploser des bouquets de fougères extraterrestres de toutes les couleurs, cet EP s’écoute d’une traite et nous plonge dans un cockpit organique aux mouvements intimes et aléatoires. De sa voix claire et décomplexée, Olivier chante des textes en peau de fleurs qui prennent racine et raisonnent durablement dans nos petites boites crâniennes, pourtant fatiguées par l’utilisation quotidienne des 10 % des capacités cérébrales nécessaires afin de comprendre et apprécier les films de Luc Besson.

De la “Trilogie Rivière” qui ouvre le disque à “Plonge dans l’eau”, l’homme O se fond dans Sa nature en humanisant par métaphores le langage de cet élément qui, au fil du courant, passera par ses différentes étapes, de la rivière aux torrents en finissant par la boue.

Premier single à sortir, le jouissif “Répéter – Disparaître” est un véritable coup de fouet. Comme une pensée aussi clairvoyante que soudaine, une remise en question nécessaire mais également un peu douloureuse.

Le deuxième morceau que nous pouvons écouter est “Bébi”, sorti récemment sur la 5ème compilation de “La Souterraine”. Ambiance de cinéma et solitude dans un piano bar des années 70, que l’on verrait se transformer au fil du temps pour devenir un club où les danseurs seraient tous un peu tristes.

Profitons aussi de l’occasion pour vous inciter à écouter l’intégralité de cette compilation, sortie en ce début d’année. “La Souterraine” peut se voir comme un collectif de diggers de chansons étranges, qui ont pour but simple et beau de rassembler dans ces disques les artistes français actuels qui les étonnent. Et on a rarement entendu LA FRANCE AUX CHANSONS aussi à l’aise dans son époque. Entre amour des musiques traditionnelles et expérimentales, génériques de dessins animés ironiques et sosies de Balavoine sans batailles, l’ensemble déroute et séduit. Collection de paroles autant pétées que belles, on y prend son pied par paquets de pieds paquets.

O sort donc son « Ohm part 2 » ce lundi 19 janvier. Pour l’acheter en vinyle ou en dirrhital, c’est sur son site.

Pour les Parisiens, il sera en concert le mercredi 21 janvier au Centre Fleury Goutte D’or-barbara, et le samedi 31 janvier à l’Olympic Café (que du bonbon dans cette salle en ce moment).

Et pardon, on a oublié de vous faire un bisou, alors on en profite pour vous partager un extrait de son premier Ep – « Ohm part 1 » – le bien nommé et coquin “A kiss”. A écouter très fort avec ses voisins. Un bisou !

264925195_693140514989261_8733925914297999703_n
Jean Calin
Co-rédac-chef amical, schlag et responsable, j’ai en général la flemme d’écrire sauf quand je m’adonne à cette manie légèrement égocentrée de postillonner mon obsession pour la musique "full sentimentale". Pop parfois trop criarde, souvent dépressive, rn’b mal fagoté, musique électronique bucolique et groove qui groove pas toujours toujours au programme. PS : Je galère à ne pas placer le mot mélancolique dans toutes mes chroniques. PLEASE HELP.

ÇA PEUT VOUS PLAIRE