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Marcus Miller – Afrodeezia LP

Il y a deux ans, Marcus Miller était nommé artiste de l’UNESCO pour la paix. Il a ensuite été nommé porte-parole pour un programme appelé « la route de l’esclavage » qui a pour but de sensibiliser les jeunes générations à ce que signifie cette période de l’histoire sur laquelle certains veulent passer trop vite. C’est dans cette optique qu’un des meilleurs bassistes jazz de l’histoire (avec tout de même une grosse concurrence du côté de Jaco Pastorius mais c’est un autre débat) s’est attaqué ni plus ni moins à l’histoire des musiques noires (que vous avez peut-être retrouvé dans cette exposition extrêmement complète, Great Black Music à la Cité de la Musique). Il nous raconte sa démarche :

Programme chargé, on commence l’album sur du Marcus tout craché, son brut de chez brut, slap à gogo et technique imparable, il nous introduit quand même le sujet avec une base rythmique typée accompagnée par des chœurs discrets mais efficaces qui finissent de nous faire monter dans l’avion pour un tour du monde auditif.

En plus d’avoir enregistré sur 3 continents, Marcus peut se targuer d’avoir invité de grands musiciens locaux de toutes les étapes qu’il a voulu intégrer à sa démarche : Gnawa, ethiojazz, salsa, c’est une palette presque exhaustive qu’il réussit à mettre dans cet album. Preuve qu’encore une fois, le petit chouchou du quintet de Miles Davis a fait pas mal de route !

L’album se clôture sur ce qui se révèle être la track la plus surprenante et réussie de cet album, «I can’t breathe», un featuring avec Mocean Worker. L’histoire mérite d’ailleurs une petite parenthèse :

Mocean Worker (alias Adam Dorn) est le fils du producteur Joel Dorn, grosse machine à tube (Roberta Flack, Georges benson,…). A 15 ans, il écrit une lettre de groupie à Marcus Miller pour lui dire à quel point c’était un génie de la basse, Marcus venait alors de signer les arrangements pour un album mythique, Tutu ! Pas farouche, ce dernier l’a invité à visiter les studios et à venir voir ce que ça faisait d’enregistrer de la musique sympa avec des gens sympas (j’ai nommé Herbie Hancock, Wayne Shorter, Miles Davis,…). Depuis l’ado s’est remplumé et Adam est devenu producteur et… bassiste !

Malgré quelques loupés, comme «Preacher’s kid», très convenu voir kitsch (dommage, c’est sensé être un hommage à son défunt père…), l’ensemble est cohérent et fait plaisir à écouter. L’histoire ne dit pas si les petits enfants du monde ont réussi à comprendre l’esclavage après, mais nous au moins, on en a pris plein la face !

Équipe Charly | 21
Charly
Chroniqueur du Limo, musicien et boulimique de vinyle, j'aime toutes les musiques qui me secouent les tripes. J'aime aussi monter les blancs en neige pour la tarte au citron, mais c'est un autre sujet. Mon Cocktail Préféré : Une Margarita Supersize à la paille