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Rencontre Bruxelloise avec le duo électro Two Pauz

Bruxelles, samedi soir. Pour la première fois se tient le nouveau concept Hangar, dans un ancien site industriel situé sur la Digue du Canal à Anderlecht. Lancée par trois jeunes entrepreneurs bruxellois, la soirée met la musique électronique à l’honneur avec des artistes comme Agoria, Kiasmos, Adana Twins et Woo York. Douze heures de soirée intensive et, perdu au milieu de ces noms connus, un nouveau duo débarque : Two Pauz.

Formé par Antoine Bodson et Safran Van Heurck – deux meilleurs potes – le duo veut renouer les genres électro et techno. Safran est dj électro de son côté, Antoine lui est plutôt branché techno. Et dans le studio, ça a matché. Avec leur projet Two Pauz, ils ont déjà sorti trois morceaux. D’autres sont prêts et n’attendent plus qu’à être signés.

Nous avons rencontré Antoine sur un banc de la place Flagey, à Bruxelles. Une binouze [une bière] à la main, nous lui avons donc logiquement posé quelques questions « Made in Brussels »…

Soirée Hangar © Ben Balthus

Antoine Bodson :  J’aimerais être la Grand Place, parce que c’est une des plus belles places du monde selon moi. Quand j’étais plus jeune, j’y faisais toutes mes pré [pré-soirée]. Y a plein de bars et boites aux alentours donc quand il faisait beau, on se posait sur la place et la soirée commençait. Cette place est juste magnifique.

Ton bar preféré à Bruxelles ?

Aaah tout dépend du moment de la journée ! Un dimanche aprem, je dirais Le Pantin, à Flagey. On y passe des magnifiques journées à goûter des bières spéciales et à jouer aux cartes. Un jeudi soir, je serais plutôt le Belga, à Flagey aussi, parce que c’est mon lieu de rendez-vous. Un vendredi soir, je serais le Floris en ville. Tu peux te mettre des pipes d’absinthe et bien commencer la soirée. Ah oui et y a Le Marseillais que j’adore sur la place Sainte-Catherine : pastis à gogo, pas cher et ambiance assurée. Le Marseillais d’office !

Plutôt Jupiler ou Carapils ?

Plutôt Cara (rires), surtout avant. Maintenant je dirais qu’on est plutôt Stella avec les potes mais il fut un temps où pendant quelques années c’était la Cara qui sponsorisait nos soirées.

Si tu étais une insulte bruxelloise, ou belge ?

Haha, oh putain la question. Je dois être dans le cliché du « Godverdomme » [« Nom de Dieu »] ? Ou celle que je dis tout le temps, c’est « Bêêête type » mais faudrait que les gens entendent mon accent. Sinon « Tich » j’aime bien pour rester dans le cliché bruxellois et ça veut dire pénis. Pas besoin de te faire un dessin.

Un son que tu associes forcément à Bruxelles ? 

Ah facile, disons la chanson « Bruxelles » de Jacques Brel évidemment. Maintenant avec le succès de mecs comme Damso ou Roméo Elvis, ils ont bien fait connaitre la ville avec « Bruxelles vie » ou « Bruxelles arrive ». Je pense à ces deux sons-là et puis Stromae aussi… l’identité de Stromae colle bien à Bruxelles, je trouve.

L’endroit de rêve pour mixer à Bruxelles ?

Place Poelaert. Ah ouais, direct. Avec coucher de soleil s’il vous plait.

Ce qui te fait kiffer dans la scène techno bruxelloise en ce moment ?

J’ai comme l’impression qu’il y a une nouvelle vague. Justement le weekend passé par exemple, on avait le choix entre trois bonnes soirées : Karenn mixait au C12, Kevin de Vries au Quai01 et puis au Fuse y avait Dave Clarke. Donc, comment dire, je sentais que j’avais le choix. Un choix qu’on n’a pas forcément l’habitude d’avoir à Bruxelles pour dire clairement les choses. Et je trouve qu’on pourrait investir tellement plus dans la scène techno, même électro, en tant que capitale. J’aimerais que les gens se concentrent encore plus sur la musique proposée, et pas que sur les soirées où ils se rendent presque uniquement pour boire et s’amuser.

Comme par exemple, le soir de la soirée Hangar, y a de la concurrence en même temps ?

Oui ! Enfin de la concurrence ! Je trouve ça vraiment pas mal. T’as les Nuits Sonores le même soir, ça veut dire que les gens ont plus de choix pour sortir, ils vont être plus curieux.

© Ben Balthus

Ton plus grand fan en ce moment ?

Le staff (rires). En gros pour l’instant j’ai quatre potes qui suivent le projet de très près et qui sont très excités à l’idée de nous suivre quand on mixe à Paris, à Londres, etc. Ils essayent vraiment d’être là à chaque fois. Par exemple dans deux semaines, on mixe à Londres avec Safran, et t’inquiètes qu’ils ont tous pris leur ticket de train. Ça fait trop plaisir.

Pour rien au monde tu ne quitterais Bruxelles, parce que…

Mais ça déjà de base ! Pour rien au monde je ne quitterais Bruxelles parce qu’il fait très bon y vivre. Dès qu’il fait un chouïa beau, les gens sortent, boivent des bières. Pas forcément sur des terrasses comme on peut voir à Paris mais on a énormément d’endroits ici où on peut se poser. Je pense au bois de la Cambre en plein Bruxelles, ou autour de Flagey avec les étangs. Ce sont vraiment des endroits où t’arrives avec ton apéro, quelques bières et tu passes l’aprem avec tes potes. Et ce sont les gens aussi qui font de cette ville une aussi belle ville. On est très relax, on adore rigoler, donc une bonne partie de rigolade, des bières et ça ne peut que bien finir quoi.

Ta dernière production ?

La dernière sortie, c’est « Sognare ». C’est une track de onze minutes qui tabasse quand même tout en restant mélodique. Et sinon on en a une qui s’appelle « Zuotian », on la passe dans les sets et on a hâte de la sortir.

La dernière track que tu as écouté avant de répondre à cette interview ?

J’étais dans le tram donc ambiance posée, c’est « November » de Facundo Mohrr. De la techno-électro plutôt mélodique.

La première track que tu joues pour ouvrir un set ?

Je commençais souvent avec la chanson « My Mind » de Two Pauz parce que j’adore commencer avec quelque chose de très calme et très mélodique pour bien marquer la distinction entre les Dj, puis aller en crescendo et taper de plus en plus fort… Mais j’vais changer ça. La première que j’ai joué à Hangar c’est « Make Noise » de John Monkman.

Et la dernière ?

Je mettais souvent « Sognare » mais j’ai changé ça aussi. A Hangar, j’ai fini en douceur avec « Jewel » de Clawz SG.

Ton dernier coup de coeur ?

« Frequent Tendencies » de Gheist.

Est ce que tu aurais une anecdote derrière une de tes prod ?

Aah eh bien c’est rigolo à raconter. Sur la chanson « My Mind », c’est moi qui chante. Et voilà, je tiens à le préciser : je suis aussi chanteur là-dedans (rires).

Le B2B de tes rêves ?

Je dirais Talaboman. Direct. Je les ai vu à Dour cet été, c’était si monstrueux… Ça ferait un beau quatuor en plus.

Ta première claque en musique tu t’en souviens ?

Oh ouais ! Et c’est plus du tout le genre de musique que j’écoute aujourd’hui. C’est un des moments où je suis le plus nostalgique avec mes potes : on était devant Chase&Status au Pukkelpop avec Safran. Ils étaient sur la main stage et c’est la première fois que la musique m’a fait autant d’effet. C’était l’époque de leur album Brand New Machine, sorti en 2013. Une tuerie.

Et la question spéciale du Limo’ : un cocktail made in Bruxelles ?

Une bière évidemment !  Et une spéciale, c’est pas un cocktail, c’est mieux : je dirais la Troubadour Magma.

Merci à toi !!!

La prochaine soirée Hangar aura lieu le 24 novembre : même heure, même endroit. Two Pauz sur le line-up encore une fois.

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