VENDREDI(G) 8 – Streaming et découvertes

Vous savez ce qu’on dit : « Jamais 7 sans 8 ». C’est pour cette (mauvaise) raison que nous avons décidé de remettre le couvert du vendredi(g)… Si tant est que les pelles virtuelles dont on se sert pour déterrer ces petites perles musicales douces et fraîches, puissent être considérées comme des couverts. Une fois encore, il y en aura pour tous les (é)goûts : du rappe, du rauque, de la pope, du discaux, et du dreum (h)aine basse entre autres, le tout servi avec le sourire et les indispensables commentaires de l’équipe rédactionnelle. À consommer sans une once de modération.

 

PLANET GIZA “Put You On” par Raph Hip Hop demi-écrémé

On aurait sincèrement aimé vous servir du rap exotique, un groupe obscur du Kirghizstan complètement barré qui mélangerait trap d’Atlanta et musique traditionnelle Mongole. Seulement voilà, lorsque l’on parcourt les internets à la recherche de sons pointus et audibles, on atterrit souvent du côté de nos amis québécois. Et oui, encore. On s’est donc fait une raison, de peur de passer à côté de quelque chose de cool et prometteur from Montréal (with love). C’est un trio composé de 3 personnes au nombre de 3. Ils s’appellent respectivement Dumix, Tony $tone et Rami.B, mais ensemble, PLANET GIZA. Ce qui fait 4 noms en tout, dont un en majuscules. Bizarre. Ceci dit, leur titre « Put You On » se boit comme du petit lait.

 

Chinaski – « Ghost Rider » par Jean Calin / House Nicolas Cage


Et c’est reparti pour une ballade en voiture vintage dans une ville ravagée tout droit sortie d’un (bon) film de John Carpenter, avec Ghost Rider, le dernier EP de Chinaski. Oui, ce german producer qui nous avait déjà tapé dans la rétine auditive avec les explosions de couleurs eighties de son précédent disque. Et le fantôme Chinaski est plus que jamais en forme et disponible pour venir hanter vos vieilles VHS, envoyant des grosses lignes de synthés comme l’on shooterait des rats virtuels dans un jeu vidéo chelou.

Ce nouveau disque, qui vient de sortir sur le label Live at Robert Johnson, est en effet plus dark, plus rapide et évite l’écueil du cheesecake facile pour nostalgique peu regardant. Il s’agit ici de véritable House breakdancée pour ruelle enfumée, contenant une bonne dose de menace urbaine et de nuage synthétique. Le morceau éponyme ci-dessus reflète d’ailleurs bien l’ambiance de l’EP, qu’on a la chance d’écouter en boucle depuis un mois. Allez jeter une oreille aux extraits, et procurez le vous par ici.

 

Hybris “Rubber Ducky” par RaphDrum’n’bass subtile

« Tape dans l’fond, j’suis pas ta mère ! », disait une grande philosophe. On ne vous fera pas l’amour par ordinateur, car on ne possède pas le bon matériel et parce qu’on est pudique. On a en revanche le pouvoir de violenter vos petites oreilles avec des musiques électroniques sous acide, et par la même occasion vous faire découvrir des artistes un chouia possédés. C’est le cas de Hybris qui a fait de la charmante Prague son fief et de la D’n’B sa passion. Tiré de son dernier EP Extraction, « Rubber Ducky » est un morceau excité et inquiétant, qui fleure bon la folie robotique.

 

MONSTROMERY – « Les machines » par Jean Calin Pop progressivement rock

On retrouve aujourd’hui avec grand plaisir une partie de l’âme du groupe rennais Montgomery, qui avait sorti deux albums (en 2007 et en 2009) de “pop abrasive nappée d’électronique chantée en français”, que l’on trouvait un poil de coccinelle plus touchant et surprenant que les groupes du genre à l’époque, et que l’on écoute toujours.

Leur nouveau groupe s’appelle Monstromery, un duo formé par deux membres du groupe originel, qui ont (enfin !) réveillé le monstre terriblement gentil qui sommeillait en eux. Et le premier extrait de l’album 怪物たちの音楽 (« Musique de Monstre » en Japonais, sortie le 9 décembre) peut en effet sembler monstrueux avec son rock impulsif et répétitif, bordé par des phases extrêmement perchantes, où l’on retrouve les voix au timbre si particulier qui faisait déja leur style du temps de Montgomery. Contient également de bons breaks abrupts, entre électricité jouissive et notes blanches bien brillantes perdues dans le cosmos. BONUS ++ pour le clip Ken Le Survivant de l’enfer !

 

Chrissy« Trouble Maker » par Polair / Disco Edit de qualité

Ah Christopher Shively, aka Chrissy pour les intimes, est un éditeur de talent comme il y en a peu. Repéré en 2014 par Tim Zawada, le patron de Tugboat Edit, il a ensuite enchainé les releases sur des labels de qualité tel que Classic ou Razor N Tape. On le retrouve aujourd’hui sur Street Meat avec un EP de 4 morceaux sortis originalement en téléchargement gratuit. « Trouble Maker » c’est l’alliance des vocales disco traditionnelles aux filtres contemporains, pour un résultat d’une efficacité redoutable. Cet EP fera certainement mouiller (de sueur) plus d’un dancefloor. Il se trouve en précommande ICI.

 

Animal Collective – « Mountain Game » par Mathilde Read Dead Redemption Song #1

Les trublions de la bizarro-electro-pop sont de retour, enfin, en quelque sorte. Car les Animal Collective viennent de nous sortir de derrière les fagots un track qu’ils avaient bricolé pour le jeu vidéo Red Dead Redemption (coucou les gamers) mais qui n’a jamais été utilisé. « Mountain Game » a donc jailli de leurs archives direct en provenance de 2010, et s’avère être une pépite de 5’30, ambient à souhait, saupoudré de gros rythmes bien gras et de vocals en litanie. Insert coin & press play !

 

Isla Del Rojo – « Revolucion » par Jean Calin Read Dead Redemption Song #2

Tiens, en parlant de Red Dead Redemption, et si on tenait la BO idéale pour son prochain épisode ? Car avec ce premier extrait en écoute, Isla del Rojo, le prochain groupe a être signé sur le label suédois trop mimi qu’on adore Tona Serenad, nous donne bien envie de galoper à travers des plaines virtuelles sur fond de couché de soleil plus beau que dans la vraie vie. Une sorte de ritournelle puissante saupoudrée de folklorisme épique (coucou madame la flûte de pan), qui promet du très bon pour la suite. Il nous tarde d’écouter le projet en entier, prévu pour le printemps 2017, tout comme le fameux jeu vidéo que l’on va arrêter de citer comme des monomaniaques de la consommation culturelle. *Cris d’aigle*.

 

Mad Squablz – « One Time » par Clémence DL / Hip Hop la main dans le froc

Putain ça y est les gars, Joey Starr et Kool Shen ont enfin fusionné : il s’appelle Mad Squablz et il passe de la prose lyrique à la punchline lubrique avec une facilité déconcertante. Sauf qu’il rappe en anglais. Un truc à te faire croire à la théorie de l’évolution, c’est dire (oui on adapte notre humour à l’époque, big up Trump) ! Bref, le minot balance son flow avec de l’envie et beaucoup de talent. On vous invite d’ailleurs à aller fouiner sa chaine youtube : du Wu Tang à Kanye Motherfucking West, Mad Squablz est le plus gros mash-up vivant du monde !

 

Obsimo« Ramsay » par Clemgout / Electronique bon public

Et si on allait faire un tour du côté de notre bon Sud-Ouest ? Bordeaux, qui a une étiquette rock solidement attachée à son patrimoine musical, commence à faire son nid dans la culture électronique française. Résultat : une floraison de petits artistes tous aussi talentueux les uns que les autres. Obsimo, c’est le pseudonyme d’un petit gars de 19 ans qui a commencé par des covers de gratte sur YouTube, et qui a fini par troquer son ampli pour des contrôleurs et un clavier : lives croustillants et envoûtants à la clé. Pour réconcilier gratteux et teufeurs, c’est prometteur. Son EP Lucide se chope par ici.

 

Ruff Stuff« Roving » par Polair / Raw House qui cogne

Ruff Stuff c’est un duo d’artistes italiens mais pas que, c’est aussi un label avec 3 excellentes sorties à son actif. Pour ce vendredi on vous présente leur deuxième release (toujours dispo à la vente je vous rassure) au travers du morceau « Roving ». Ruff Stuff s’inscrit dans la lignée des labels tels que Beste Modus, Rutilance ou Recordeep en se focalisant sur une House brute, violente et terriblement efficace. On retrouve sur Roving une rythmique soutenue par des grands pads et un clavier endiablé. On vous invite vivement à aller checker le reste de l’EP (notamment Wolves and Saints, petite perle) et leur nouvelle sortie sur Ruff Stuff 😉 L’EP s’attrape par là.

 

Voilà, on espère que vous avez pris du plaisir en scrollant comme des sauvages dans cette petite jungle de nouveautés pépiteuses. En tout cas, nous, oui 🙂 Pour plus de bonnes choses au niveau de votre audition, reportez vous à nos précédentes sélections, par ici :

 

Vendredig #7

 

Vendredig #6

 

Vendredig#5

 

Vendredig#4

 

Vendredig#3

 

Vendredig#2

 

Vendredig#1