VENDREDI(G) #6 – Ta sélection musicotractée

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VENDREDIG #6

 

OUAI, le vendredig est arrivé !! Comme vous pouvez le constater par vous-mêmes en refrénant les bâillements et les idées débiles qui perturbent votre concentration, on est aujourd’hui bel et bien le dernier jour (travaillé) de la semaine. Et qui dit vendredi au Limo, dit désormais « vendredig », sélection de sorties déterrées avec amour à coup de pelleteuse virtuelle et de flair subjectif. Avec cette semaine un dig aussi qualitatif que quantitatif, à mettre en favoris dans votre explorateur afin d’y retourner fouiner dès que vous ne savez plus quoi écouter, car il y en a pour tous les bons goûts : Hip Hop slowmotion, Power Punk militant, House je m’en foutiste, BO de films rigolos, Folk bipolaire, Funk rare, Disco profonde… Bon scroll à tous 🙂

 

Lucien & The Kimono Orchestra – Par Jean Calin

 

Il y une semaine exactement est sorti le premier EP de Lucien & The Kimono Orchestra, dernier poulain du “petit qui devient grand mais toujours gentil” label Cracki Records. Le groupe joue une sorte de soft rock funky entre B.O. de film français des 80’s et musique d’ambiance pour voyages exotiques fantasmés. Au programme : gimmicks kitschos en pagaille, zicos qui groovent nonchalamment, claviers plaqués avec la fougue et la naïveté d’une jeunesse qui regarde encore devant elle ; le tout mêlé à une production actuelle qui insuffle psychédélisme et profondeur à l’ensemble. Comme la bande son d’un film de Bertrand Blier où l’on verrait Patrick Dewaere se balader l’air con dans des rues tokyoïtes lumineuses et bordéliques. Et oui, l’écoute de ce disque fait à la fois sourire tout en procurant une sensation de bien-être un peu niais. 

 

Mézigue – « Bitch Cocaine » (Moujingue Blehni) par lexoo

 

Petit clin d’œil à l’écurie DKO records avec la track « Bitch cocaine » signée Méziguetirée de son EP  intitulé Kestuf Daronne?. Relatant (sûrement) de manière assez explicite, sans langue de bois, mais avec beats massifs, les préoccupations du jeune producteur. On retrouve dans cette prod l’énergie électrique et foutraque, dynamique et jouissive propre à l’artiste. Du son sûr pour des gens sûrs en somme, sublimement clippé pour l’occasion, avec ce masque de Jacques Chirac désabusé pour braquer des banques. Ben alors chichi, on en a plein le nez ?

 

JEWEL – « #9901 » par AntoineH

 

Le vendredig c’est aussi de la musique de rue. Et le rap français peut être fier de ses jeunes MC qui donnent plus de leur esprit que de leurs insultes pour forger leurs lignes. Et aujourd’hui le petit bijou c’est Jewel qui nous le sert sur un plateau d’argent : « #9901 », extrait de son EP Interludes. La rythmique, qui tourne en boucle dans les enceintes a quelque chose d’envoûtant, alors monte un peu les basses et entre dans le songe. Quoi, t’as vraiment cru que t’allais te reposer ? Ici pas le time pour la paralysie, Jewel balance un flow incisif et bien énervé sur les ondes, mélodieux contraste avec la langueur du son un peu downtempo sur les bords. On raconte que les premiers mecs à l’avoir écouté ont porté plainte pour contracture des muscles sternocléido-occipitomastoïdiens tellement leur tête bougeait toute seule au ralenti…

 

Rabo & Snob – « Camel Filter » par Clemgout

 

Petite exception à la règle du vendredig avec cette pépite d’Obas Nenor, produite avec son acolyte israélien Eyal Rob, car désormais un peu datée. On est tombé sous le charme de ce groove des profondeurs, empreint de sonorités arabes (on dirait de l’oud sur la fin). C’est sorti sur Whiskey Disco, label qui aide à faire flirter les amoureux de la House avec les mélancoliques de la Disco (= Nu Disco). Bref, encore une fois ça funk sec et les pieds bougent tous seuls : le bonheur rafraîchi d’un cocktail.

 

nit – « Frequentations Modulantes » par Jean Calin

 

En parlant de cocktail, le dernier son du « fétichiste modéré de synthétiseurs analogiques passionnants achetés d’occasion » Corentin Kerdraon, aka nit, peut être considéré comme la transposition sonore idéale d’un Mister Freeze au rhum des îles. Un patchwork d’influences seventies et contemporaines ultra bien digérées, et retranscrites de manière autant maline que sautillante. Frais, ultra efficace, le morceau est un vrai petit bonheur. Oh, et regardez ce mimi solo de synthé qui se promène à la fin ! Son EP Dessous de Plage sortira en janvier sur Mutant Ninja, label qu’on aime bienbienbien ! En attendant, vous pouvez même mettre le morceau direct dans votre baladeur aimepifruit, par ici.

 

Rhob Cunningham – « Kneeling On A Sunday » par Mathilde

 

Aujourd’hui, on prend aussi des nouvelles de notre troubadour irlandais préféré : Rhob Cunningham. La dernière fois qu’on l’avait croisé, il terminait sa résidence au Centre Culturel Irlandais à Paris et partait pour l’Autriche. Depuis, silence radio. Le voilà de retour avec un premier extrait de ce qui semble un nouvel EP, enregistré ou du moins crédité avec son groupe, Our Little Secrets. Une ballade folk à plusieurs voix qui se barre un peu en couille façon punk acoustique sur la fin. On aime toujours autant son storytelling et son phrasé littéralement à couper le souffle. La suite pour bientôt ?

 

Rejjie Snow – « Pink Beetle » par Lu.H

 

Terre de rock par excellence, l’île d’émeraude a également un paysage Hip-hop très fertile: Rejjie Snow en est le porte-étendard ! Rencontré l’année dernière au festival de Dour, il fut l’une des très bonnes surprises de cette édition. C’est sous anesthésie que le natif de Dublin s’affiche dans son dernier clip sorti à la veille « del dio de los muertes ». Salle d’attente terne et glauque, hémoglobine et arrachage de dents, pas de doute, on est dans le thème de cette semaine « halloweenesque ». Niveau prod c’est du sérieux, Rahki à la table, plusieurs fois « grammyfié ». Kendrick Lamar, Mac Miller, Aloe Blacc entre autres furent ses collègues de bureau: IZY ! Revenu depuis quelques sons à ce style jazzy qui a fait son succès, Rejjie étale son style mélancolique qui le caractérise si bien : douceur du refrain, langueur de l’instru au piano et couplets chirurgicaux.

 

Tony Allen – « Hustler » par Chris B.

 

Ce repress du pionnier de l’afrobeat Tony Allen, sur le label Comet Records va très certainement égayer votre vendredi. Pas grand-chose à dire, Tony Allen quoi. En BBV (Bonus Bien Vu) sur cet EP, un remix du roi fou Mad Rey. Qui dit mieux ? Personne ? Et bien : ça se procure par ici.

 

Africa Airways Two (Funk Departures 1973-1982) par Maxou

 

Direction worldwidemusic dans le vendredig ! Sorties au début de l’année 2015, les collections Africa Airways (Part 1 & 2) ont connu un tel succès qu’elles ont déjà été repressées deux fois. Du Boogie Funk de Bozambo « Get It On The Music », à la Disco enjouée de Bongi Makeba – « Don’t Do It » en passant par le fameux « Sekele » de Pasteur Lappé, le florilège de titres de la compil nous fait voyager très loin. Chercheurs de pépites, n’hésitez pas à vous jeter sur le label Africa Seven, qui nous gave de rééditions, notamment les LPs solo de Jo Tongo ou encore M’Bamina.

 

Emperor X – « Wasted On the Senate Floor » par Mathilde

 

Les élections américaines approchent à très grands pas et annoncent peut-être la fin de l’humanité et le règne de la débilité sur le monde connu. Vous trouvez ça un peu angoissant, vous aussi ? Pas de panique, on inspire par le nez, on expire par la bouche et on appuie sur play. Notre remède, le projet power punko-déglingo de Chad Matheny aka Emperor X. Cette version live (et un peu absurde) qui est sortie sur le label Tiny Engines correspond assez bien à l’univers du bonhomme aux lunettes en cul-de-bouteille. Un peu de rébellion made in USA, ça peut pas faire de mal !

 

 

 

Josin« Ocean Waits » par Mathilde

 

Le vendredig c’est aussi un retour en arrière. On avait découvert la jeune femme en première partie du concert de Soak au Point Éphémère. Tout de noir vêtue, planquée derrière son clavier ou sa guitare, yeux clos derrière ses longs cheveux… Josin ne semble pas avoir beaucoup changé et c’est pas si mal. On retrouve dans cette session, récemment filmée en Allemagne, la délicatesse envoûtante qui nous avait plu à Paris. Tout est dans la simplicité, tout s’efface devant cette voix pleine d’intensité accompagnée seulement d’un leitmotiv au piano. Avec une main et un micro, la jeune Allemande nous étreint. Ça paraît être une raison suffisante pour garder un œil sur elle, et de terminer en douceur en sa compagnie.

 

Et pour creuser toujours plus profond :

Vendredig#1

 

Vendredig#2

 

Vendredig#3

 

Vendredig#4

 

Vendredig#5