TERAXX – The Whisper EP

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Petit coup de projecteur sur un jeune artiste français, opérant dans la musique électronique et plus précisément dans une techno tant planante que dansante, TERAXX.

Pour son premier EP, Teraxx a choisi un tout jeune label parisien dont le travail s’était déja fait remarquer en ce début d’année avec Momentum, un projet hybride prometteur, alliant musique et vidéo. Concrètement, un album de micro-house signé par le co-fondateur du label Octav Rolan et un court métrage bien perché réalisé par Alexandre Charrière. On vous conseille d’ailleurs d’y jeter un oeil, par là, et une oreille, par ici.

The Whisper EP, traduisez « le murmure », est le nom de ce nouveau projet. Composé de 4 morceaux originaux et de 2 remix, on y sent des influences techno certes, mais également house et garage. Les boucles sont minimalistes, comme aseptisées, mais se transforment bien souvent en mélodies complexes dans lesquelles chaque instrument (ou blip) a sa place. A la fois épurée et mélodieuse, la musique de Théry Panigot (puisque c’est son nom) nous raconte une histoire. Une histoire sur le fond des abîmes ou les confins de l’espace, mais tout doucement, comme si on nous la chuchotait à l’oreille…

L’histoire commence avec « Odyssée » (c’était écrit). La rythmique est filtrée dès le départ pour se dévoiler progressivement, comme dans un murmure (évidemment)… Une nappe prend alors le relai et nous embarque avec elle dans ce qui s’annonce d’ores et déjà être un périlleux périple. La basse reste discrète, en retrait, tandis que le snare commence à frétiller. On y est. Premier break à 3 min 10 : vaporeux à souhait, la reverb s’emballe et un petit piano sautillant arrive. Oui, sautillant. Bref ça repart de plus belle, les nappes grondent et se percutent. Second break à 5 min 15. Cette fois c’est la rythmique qui donne le ton de la reprise. La fin du morceau sera punchy, c’était écrit, donc.

Arrive ensuite « Shades », le second morceau. Là aussi, une belle initiation au voyage des sens. Kick, basse sourde et bruits cosmiques lancent la machine, qui décidément sera autant « spatio » que « temporelle ». Les arpèges se mettent en place progressivement et lancent une rythmique qui se complète progressivement et prendra sa forme définitive après le premier drop à 2 minutes 18. Second break à 3’20. Puis c’est la basse qui s’emballe et devient carrément groovy. La fin du morceau est là aussi très efficace, les instrus s’imbriquent bien et nous donnent envie de danser.

« Nami », la chanson suivante, semble matérialiser le chagrin d’amour d’un fan de cosplay. Alors que le début du morceau est langoureux, emprunt de mélancolie et de tendresse, la seconde partie y est une nouvelle fois plus punchy que jamais, avec cette basse qui n’en finit pas de devenir cinglée et l’ajout d’un troisième kick à contre temps pour marquer le coup en fin de morceau.

Enfin, « The Whisper », titre éponyme et dernière de ces 4 compositions originales, fait le pari du garage et sonne étrangement beaucoup plus « UK » que les autres. Une impression vraisemblablement due aux choix des sonorités et à la bassline qui par sa construction complexe, définit la ligne directrice du morceau. Un gros plus pour l’énorme break autour des 5 minutes 52 et la transe incroyable qu’il produit.

Passons maintenant aux remix, tout deux consacrés au titre éponyme cité à l’instant. Si la version d’Opprefish (Infiné/Délicieuse Rec.) penchera davantage du côté « house music » de la force, avec une ligne de basse bien groovy et une touche presque tropicale, c’est surtout la version de Jacques, figure de proue du label Pains Surprises Records qu’il faudra retenir. Prenant le titre au sens strict du mot, ce sont bien des chuchotements que l’on entend sur sa version. La captation de ces voix, tout comme celle des bruits métalliques et étranges que l’on entend en fond, provient de son installation dans un squat. Découvrez d’ailleurs l’interview de Jacques à ce sujet, c’est traxx magazine qui s’en était chargé et c’est assez marrant. Vous pourrez notamment y trouver ce genre de phrase :

« Cela a une valeur sentimentale pour moi parce qu’on entend mon pote Gain chuchoter au moment du drop à 3.48 ; on entend les raviolis cuire, les débris de bordel, etc… »

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Voilà pour ce petit tour d’horizon.

Sachez que vous pouvez d’ores et déjà télécharger The Whisper EP sur beatport.

N’hésitez pas à supporter Teraxx sur facebook et soundcloud également, ça lui fera toujours plaisir !

Cheers !