Quand Schifrin rencontre Gillespie, rencontre au sommet

Il y a des associations un peu trop risqués, comme mettre du pastis dans du lait ou encore mettre un chat dans le micro-onde. Mais d’autre sont tout aussi surprenante et beaucoup plus plaisante. C’est le cas de « Easy Ride » cet album de 1977 assez improbable entre un trompettiste de bebop (et pas des moindres !) et un compositeur de musique de film (et pas des moindres !).

Dizzy Gillespie, un des plus grands trompettiste de bebop au fameux pavillon dressé vers le ciel et aux joues de grenouille, devait se sentir d’humeur coquine quand il a accepté le projet de Norman Granz, alors boss de Pablo Records. Il faut dire que le père Grantz est du genre à faire les choses bien, il a d’ailleurs créé un petit label sympa qui s’appelle Verve. Vu que son compte Linked In était tout plein de connexions et son compte en banque tout plein de grisby, il pouvait se permettre à peu près n’importe quoi.

Il a donc passé un petit coup de bigot à son copain Lalo Schifrin AKA « El loco de Buenos Aires » , qui était déjà le créateur d’une flopée de bandes originales absolument mythiques (au hasard et dans le désordre: le générique de la série Mannix, Le Kid de Cincinnati ou encore Bullit avec Steve Mc Queen,…). Même pas peur, proposons un tandem improbable des deux génies en plein âge d’or de la funk !

Aux manettes de la composition et des arrangements, maître Schifrin sur un clavier perché est au top de sa forme avec un goût prononcé pour le groove et toujours sa patte latine qui nous ferait presque appeler ça de la Latin-Funk. Inspiré et inspirant, on redécouvre dans cet écrin un Dizzy Gillespie improbable qui s’amuse sur ce terrain pourtant assez peu familier avec des improvisations de haut vol. Le résultat: un très bon album de Funk instrumentale, aux teintes latines et carrément blaxploitation sur certains titres!

 

« Easy Ride » est donc un album qui en plus d’être excellent, porte excellemment bien son nom. Aussi agréable à écouter qu’il a du être agréable à enregistrer pour ces deux coquins de la west coast à une période qui restera probablement longtemps la plus prolifique et la plus géniale de l’histoire