Rhob Cunningham — Where You Call Home LP

 

Rhob Cunningham, an Irishman in Paris

 

• MONOMANIE, subst. fém

  1. [Correspond à manie B 2] Goût excessif pour quelque chose, habitude bizarre, agaçante, irritante. J’ai été à Paris (…) j’y ai vu tous mes amis (…) Henri Heine, qui tombe dans la monomanie du calembour (Sand,Corresp.,1836, p.360).Qu’es-tu et qui es-tu, insupportable bavard, qui as la monomanie des fustigations inutiles et des admonestations sans résultat? (Amiel,Journal,1866, p.459).

 

On préférait vous prévenir avant de vous parler (encore) de nos chatons irlandais préférés. Oui, la liste est longue et elle s’étoffe avec Rhob Cunningham qui tient plutôt du matou hirsute que du petit chaton. Mais il est irlandais, singer-songwriter et folkeux, alors on l’ajoute de bonne grâce à notre collection. Rhob Cunningham a récemment passé deux mois et quelques en résidence au Centre Culturel Irlandais à Paris. Nous étions allés le voir jouer pour sa Chapel Session avec Inni-K pendant laquelle il avait présenté des nouvelles chansons, écrites au détour des pavés parisiens.

Chapel Session Rhob Cunningham
Chapel Session – Rhob Cunningham

Et voilà que la semaine dernière, il a publié son nouvel album, enregistré au Centre de la rue des Irlandais. Il est désormais disponible, ainsi que toute la discographie de Rhob Cunningham sur sa page Bandcamp.

Ce qu’on aime particulièrement chez Rhob, c’est son écriture. Rien ne semble plus facile pour lui que de nous raconter des petites histoires, de nous brosser de jolis tableaux et toujours avec un phrasé surprenant, un rythme étonnant ou un air envoûtant. Sa voix, sa plume et sa guitare suffisent à créer un imaginaire touchant et ludique.

Avec la première chanson « Trouble On The Ground », Rhob nous conte le récit épistolaire d’un savant irlandais émigré à Paris au XVIIe siècle. On en trouve des choses dans la bibliothèque du Centre Culturel ! « Every Direction Going » et « All You Ever » sont des esquisses gribouillées dans les rues de Paris qui prennent vie sur les cordes et sous les doigts du songwriter. Puis « Selene » est une invitation à lever la tête et regarder le ciel, et la lune aussi.

Vient ensuite « An Eachtra Tosaigh », une reprise de sa propre chanson « The Early Stage » en gaélique. Quoi de mieux pour retrouver ses racines que les anciens monastères parisiens, je vous le demande. Retour à Dublin avec « Counting Song » et son refrain si astucieux qui laisse place à « Your Cause », une chanson écrite il y a quelques années déjà. Elle raconte une traversée en mer qui s’enchaine assez logiquement avec « Icy Sea » et son rythme entrainant doublé de chœurs sautillants.

Comment enregistrer un album à Paris sans se plier à l’exercice du français ? Impossible me direz-vous et vous n’aurez pas tort. Alors dans « Seine Song », Rhob se risque à quelques phrases dans la langue de Molière pour nous raconter une promenade le long du fleuve qui, après un peu de vin, s’est transformé en chanson. Pour clore ce joli disque, le rouquin nous livre une très belle version de « Foggy Dew », une chanson traditionnelle irlandaise. On adore.

Reparti dans ses tribulations européennes, Rhob Cunningham égrainera quelques notes à Vienne et à Prague avant de retrouver son Île d’Émeraude pour les fêtes. Si vous voulez le soutenir et lui permettre d’acheter des cadeaux à ses neveux, c’est sur Bandcamp qu’on se donne rendez-vous. On espère le revoir bientôt dans un endroit incongru de Paris pour qu’il nous raconte des histoires autour d’une bouteille de vin, santé !