Retour sur Marsatac 2016 – Entre Chiens et Loups

Marsatac bat le rappel de la meute, Edition 2016.

 

Nous entamons cette 18éme édition du Festival Marsatac dans les antres de la Friche de la Belle de Mai de Marseille. Ancienne manufacture de tabac, la Friche est devenue un lieu culturel incontournable, ne fabricant plus des cigares mais bel et bien des artistes, ainsi qu’un public fidèle à des événements pérennes (la grande salle du Cabaret Aléatoire, le spot de rêve du Toit de la Friche…).

Ce lieu surprend par sa grandeur et sa froideur, un endroit urbain-industriel, dans les mouvances actuelles de notre cher modèle Berlinois.

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Son espace imposant et son caractère bétonné fusionnent parfaitement avec l’esprit du festival et de son thème qui est cette année : Entre chiens et loups. Esprit que nous retrouvons des l’entrée, en vidéo projection sur les murs de la salle, Le Cabaret.

Une thématique riche en sens, qui ressuscite nos instincts primaires et aiguise nos appétits féroces.

Le chien ; un compagnon loyal et docile.

Le loup ; un animal sauvage et libre.

L’un compagnon de jour, l’autre animal de nuit.

 

Vendredi soir

 

Nous commençons cette première nuit abruptement avec le groupe de rap (qui s’affranchit des codes du rap) ODEZENNE et son titre éloquent « Je veux te baiser ». Un groupe qui attise la sympathie de par son côté copains d’enfance. Il n’empêche que le rendu sur scène n’est pas au rendez vous et que leur son rend bien mieux au chaud à la maison qu’en live…

Pour continuer avec le parisien KillASon, artiste hip hop plutôt « couillu », seul face à son clavier et son public. Un torse musclé et saillant, des mouvements breakés épileptiques, un flow à l’américaine, le tout dans un jeu de lumière caustique. Un mec bien qui nous a fait du bien.

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On ne vous présente plus les CHINESE MAN et son crew, grande tête d’affiche de ce vendredi soir. Un système bien rodé, un crew fidèle a leurs débuts dans la région. Et dés lors que I got that tunes retentit, nous comprenons bien qu’ils n’ont plus rien à prouver.

Un battement de cœur pour Monsieur DJEL et son idée brillante d’associer platine et musique live. Comme quoi la flûte et le hip hop font bon ménage. D’ailleurs on le remercie pour son set, ses invités pour leurs performances et on lui rend le clin d’œil des Bad Boys de Marseille.

On retiendra également la venue surprise d ’ASAP TWELVYY du grand crew ricain ASAP MOB, et son titre Hella Hoes qui fit pendant un instant trembler les murs de la Friche. Ainsi, que leur superbe reprise de Snook Once Part II du légendaire MOBB DEEP. Un véritable moment de loup, sauvage et animal.

La grande tête d’affiche de la soirée restera incontestablement, GHOST FACE KILLAH & RAEKWON, qui de par leur grande expérience scénique ont su régaler leur public. Certes, ils n’ont plus la fraîcheur de leurs 20 ans mais donnent du grain à moudre au dicton « Le rap c’était mieux avant ».

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Grande et jeune audience pour FLATBUSH ZOMBIES, à l’ambiance planante et enivrante tant par leur rap alternatif from Brooklyn que par les substances qui flottaient dans les airs.

On termine ce vendredi soir sur LADY LESHURR à l’énergie harassante, avec une réelle proposition artistique, et qui, nous devons bien l’admettre nous en a bouché un coin.

Et à la vue du sourire de certains visages, nous pouvons le dire ce fût une bonne soirée.

 

Samedi soir

 

On se met dans le bain doucement mais surement en ce samedi soir, avec le duo Canadien MSTRKRFT. Des beats lourds, agressifs et un vocoder omniprésent composant malgré tout un son efficace, qui fonctionne dès la première écoute.

Cependant nous nous lamentons de la courte durée de leur set, à moins qu’elle n’ait juste servie à RICHIE HAWTIN d’occuper plus d’espace. Mais qui peut en vouloir au roi Richie ?

L’anglais était bien là où nous l’attendions, avec un son pur, toujours très minimal et prenant. Hélas, sans aucune bonne surprise durant sa prestation.

En revanche, gros coup de cœur, pour un autre anglais, GEORGE FITZGERALD. Son set nous a donné envie de danser jusqu’au petit matin et nous avons déploré qu’il se termine si tôt. Sa house Moody, Funky, Happy nous a inondée de lumière dans une programmation décidément assez dark cette année.

Revenons du côté obscur de la planète Marsatac : si les ténèbres étaient un club, MIND AGAINST seraient leur Dj résident. Leur house à la fois lourde et légère, cyclique et hypnotique, envoutante et repoussante. Elle ne laisse aucunement indifférent.

En parlant de différence, on en vient à parler de PARANOID LONDON et de leur set plutôt recherché. Une acid house qui tape fort à la limite du gonflé et parfois, du gonflant.

Le duo AGORIA B2B LOUISAHHH, nous en a mis plein les yeux et les oreilles. Tant sur leurs jeux de scène et de lumière que sur leur son fort en caractère. Un set de deux heures dans une salle déchaînée.

Nous terminons fatigués mais contents.

Pour conclure, Marsatac édition 2016, nous a une fois de plus convié à une programmation recherchée, alliant ainsi artistes de renommé mondiale et artistes de la scène locale. Un festival bien solide qui peut prétendre désormais a une place parmi les grands.

D’ailleurs son ambition le conduira dés l’année prochaine à prendre racine dans un lieu bien plus grand – Le Parc Chanot – et a une époque bien plus festive – le mois de Juin. Retrouvez l’événement facebook par ici pour rester connectés.

On a hâte que l’été revienne, car bien-sûr, on y sera.

Cheers !

Crédits photo : Lorenzo Armani.