Rencontre avec Olivier Portal aka Playin’ 4 the City autour d’un mojito au gingembre

Au lendemain du live au New Morning (salle parisienne emblématique) de Playin’ 4 the City, pour la release party de son Mighty EP sur Mamie’s records, on a bravé le froid et la pluie pour aller discuter avec Olivier Portal, l’homme derrière ce projet de House avec un grand H, souvent jouée en formation « live band ». C’était le 9 décembre dernier dans un bo-bun, pour un tête à tête fort sympathique. On vous propose d’écouter des extraits de l’EP avant de vous jeter à corps perdu (à défaut de pains… désolé) dans la lecture de cette interview. Cheers.



Salut Olivier, pourquoi avoir appelé le projet Playin’ 4 the city ? 

Je ne voulais pas être associé à Michel Portal (son père, ndlr), pour moi, pour lui et pour son public. Je ne voulais pas non plus prendre de pseudo. Playin 4 the city c’était abstrait, on pouvait imaginer plein de trucs et le concept tel qu’il devenait c’était ça : une musique hyper urbaine, et puis on n’était pas dans le djing, donc c’était évident. En cherchant un soir, en discutant avec Betino (le disquaire, ndlr) le nom est sorti comme ça. Le fait que ce ne soit pas un pseudo me permet d’être libre dans les collaborations et le live.

Comment tout a commencé ?

Betino m’a présenté à une bande de potes qui a créé l’association « Frères de son ». Il y avait vraiment de tout : des djs, des distributeurs, des vendeurs de disques, des producteurs. C’était au début des années 90, chacun amenait une info dans tous les styles, hip hop, jazz, house et autres. On était une vraie association, on faisait des soirées et d’autres trucs.

La Radio Nova aussi a joué toute son importance par ricochet, avec Dj Loic, on découvrait ces musiques là grâce à Nova quand on était à Paris. Parmi nos amis, on a fait le truc le plus professionnellement possible et on est partis là-dessus. Au début c’était que pour sortir mes disques et après on a rencontré des gens qui sont venus vers nous : Next Evidence, Dj DeepTout a commencé comme ça, entre amis et passionnés ! 

Comment la collaboration avec les Mamie’s a commencé ?

J’ai fait mon live au Djoon en 2015, qui était un « one shot », Théo et Clouclou étaient sur place, on ne se connaissait pas. Ensuite on a fait le New Morning ensemble : s’il n’y avait pas eu les garçons, Playin’ serait resté un one shot.

J’ai reprise le projet parce que j’ai senti qu’on était sur la même longueur d’onde. J’ai toujours fonctionné au fil magique entre les gens, au feeling. Il n’y a pas eu énormément de monde qui m’a demandé de faire du Playin’ mais quand même quelques uns. J‘ai repris seulement avec eux pour le feeling, leur fraîcheur, j’échangerai pour rien au monde mon baril de Mamie’s.

C’est ta rencontre avec Tristan (Ségur) qui t’a fait relancer le projet ou le hasard ?

C’est pas un hasard, il y a 2 ans on était hyper éloignés, et aujourd’hui on est tous proches, on bosse tous ensemble. Le magasin de Betino prend toute son importance, c’est le point de rencontre entre les gens. On a d’ailleurs fait notre première rencontre à côté. A l’époque dans les années 90 on avait le What’s up bar maintenant c’est le magasin de Betino.

J’ai également été convaincu de relancer le projet avec La Mamie’s parce qu’ils sont à un niveau pro, ils sont très exigeants. On a l’ambition de progresser et moi je suis très critique envers mon travail. Maintenant, on fait les choses petit à petit et là on vient de passer un cap.

Tu peux nous parler de ton ressenti sur le concert, vous avez répété avec les musiciens ?

Non, c’est difficile du fait que j’habite à Biarritz, mais c’est aussi l’esprit un peu freestyle de Playin’. La prochaine fois on fera peut être un truc plus léché, mais pas trop non plus. En tout cas il y aura moins de « peur ».

La chanteuse c’était la première fois qu’on jouait ensemble par exemple. Je l’ai rencontré il y a un mois, on a discuté 2 heures et je suis rentré chez moi. Et pour le concert on a fait 30 min de balances pour pas l’embêter ni la fatiguer. J’ai la chance de bosser avec des musiciens très talentueux, ils ont vraiment de l’oreille et je les estime énormément. L’écoute globale mutuelle et le fait qu’ils jouent pour Playin’, tout ça donne un projet cool.

Hier il y a eu un vrai échange avec le public, c’était super, le fait de pas avoir répété ne nous a finalement pas dérangé. On a la setlist, on sait ce qu’on va jouer dans quel ordre et les musiciens savent dans quelle chanson ils vont pouvoir s’exprimer c’est ça aussi Playin’ 4 the City !

Tu peux nous en dire plus sur les morceaux de l’EP, comment ça été produit ?

« Lord and Master » on l’a enregistré lors d’une répétition pour un live, micro ouvert, on a répété pendant deux heures avec la chanteuse (qui n’est pas la même qu’au concert). Il y a une histoire en plus avec ce morceau mais ça n’a jamais été un titre jusqu’à temps qu’on décide de la sortir. J’aime moins travailler seul à l’ordi, je trouve ça un peu déprimant.

Sinon le reste de l’EP, je l’ai bossé comme du Playin’ habituel sauf que ça a pris un peu de temps parce que je suis rouillé.

Je bosse mon live je me dis « ah ce morceau il mérite que je le bosse un peu plus », je le passe sur Logic je retravaille un peu. Je fais du son comme tout le monde, finalement. J’ai toujours le même processus de production mais avec les moyens actuels sans les pousser au maximum sinon ça ne sonne pas Playin’. Ma MPC me sert toujours, mais je produis plus à fond dessus elle ne me sert plus que de batterie.

Ton meilleur souvenir de concert ?

Le truc le plus improbable c’est qu’on a joué pour le show de l’an 2000 à Chicago. On a pris l’avion le matin et on a fait le countdown le 31 décembre 1999 dans le club avec Karl et mes machines. C’était une méga soirée avec Steve Silk Hurley, vraiment un moment magique.

Ta production préférée de Playin ?

« Bouge » qui est sortie sur un label new-yorkais, un peu dans la même vibe que « The shore« . C’est le style que j’aimais travailler à l’époque mais qui passait un peu inaperçu parce que c’était différent. J’avais peu de retours positifs et par mimétisme j’ai un peu rabaissé ce morceau, et en le redécouvrant il y a peu je me suis rendu compte que j’aimais beaucoup l’esprit. Ça me fait un peu penser à un mec qui rentre de soirées du Rex ou je ne sais où, mais qui ne va pas se coucher, qui rallume ses machines et qui se met à faire du son. C’est minimaliste en termes de production mais riche à la fois.

« The shore » aussi, à l’époque où j’ai arrêté la production c’est vraiment où je voulais aller d’un point de vue musical. Si j’avais eu les moyens de faire un album c’est ce que j’aurais fait. Cette vibe me rapproche aussi un peu du jazz et d’une musique un peu plus globale qui s’éloigne du fondamentalement deep house. Je ne veux pas être catalogué en tant que producteur de deep house, c’est un peu réducteur dans le sens où je ne fais pas que ça, Playin’ c’est du sans barrière.

Je suis moins touché par certaines chansons que j’ai produites seul que par des collaborations avec Dj Deep, par exemple, qui marquent des périodes, des tensions. Ça m’a laissé des trucs, quand je les réécoute je me revois exactement comme j’étais avant. On a réussi à capturer l’émotion d’une époque et il faut pas y retoucher, je ne fais pas du vintage.

Qu’est ce qui a changé chez Playin’ depuis la première release ?

Les années déjà [il rit]. Je respecte vachement le Playin’ du début, mais je suis là maintenant pour rendre le truc plus posé, quand je regarde en arrière je ne revois que les erreurs. J’ai toujours été à la recherche de la perfection et aujourd’hui mes standards ont évolué, je suis plus exigeant.

Mais sinon il n’y a pas grand-chose de différent, je suis toujours le même mec sauf que maintenant j’ai une casquette.

Et enfin la question du Limonadier, si tu étais un cocktail une boisson ?

Là maintenant un thé à la menthe, un peu de piquant un peu de relaxation… c’est terminé le whisky coca.

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