Other Lives — Rituals LP

Originaires d’Oklahoma et installés à Portland, les Other Lives sont revenus au printemps avec un troisième effort intitulé Rituals. Le groupe de rock indépendant nous avait charmés avec leur précédent opus, Tamer Animal,  et récidive cette fois avec une messe noire pop aux frontières de l’ambient psyché. Des titres planants et hypnotiques, un phrasé incantatoire, des chœurs cérémoniels se fondent et s’unissent dans un assemblage d’éléments simples qui donnent en définitive une architecture complexe, parfois vertigineuse.

Prêt(e)s pour le rite de passage ?

On pénètre dans l’univers d’Other Lives avec le premier titre de l’album, « Fair Weather », et sa rythmique entêtante pour plonger ensuite dans les mélodies enivrantes de « Pattern ». La voix indolente du chanteur nous emporte au rythme d’incantations aériennes qui prennent de plus en plus d’ampleur. Les titres se déploient en arabesques musicales et au fil de l’écoute, c’est un vrai travail d’orfèvre qui s’impose à nos oreilles.

Un beat venant des profondeurs lance « Reconfiguration » où les notes s’égrainent comme si on les jetaient au feu et qu’elles se consumaient en des volutes bleutés avant de céder leur place à la liturgie panthéiste de « Easy Way Out ».

Avec « Beat Primal » on retrouve un état primitif, originel, que « New Fog » prend tout à fait à contre-pied avec son introduction baroque qui laisse place à une conjuration éthérée. Déstabilisés, on se jette alors dans le lumineux « 2 Pyramids ». On se réfugie dans le chant choral cérémoniel et la rythmique obsédante.

« Need a Line » signe un retour vers un motif plus folk qui s’enchaine avec le piano langoureux d’« English Summer ». On écoute et on regarde juste ici :

S’ensuivent l’ambiance capiteuse de « Untitled », la sorcellerie tribale et fascinante de « No Trouble », le rituel sacrificiel grisant de « For the Last » et l’envolée hypnotique de « It’s Not Magic » qui s’accompagne de piano, de cordes et de cuivres.

C’est alors le moment de « Ritual », amené comme une psalmodie enivrante qui nous fait tomber sous le charme de créatures fantasmagoriques. L’album se referme sur une démo intitulée « This Is Not », comme pour signifier que le rite de passage a été effectué et que l’on fait enfin partie du clan, mais aussi que tout cela n’était peut être qu’un rêve éveillé, un vertige étourdissant et éphémère.

Pour (re)vivre un peu de cette magie, on peut regarder leur concert d’avril dernier à la Flèche d’Or, immortalisé par Arte :

Le groupe est en tournée en Europe cet été. À consommer sans modération en ces temps caniculaires.

Cheers !