Mumford and Sons — Wilder Mind LP

En mai, fais ce qu’il te plait… C’est bien ce que comptaient faire les britanniques de Mumford and Sons avec leur troisième album, Wilder Mind, fraichement sorti. On y retrouve logiquement les thèmes fétiches du groupe. Au programme : grands sentiments, spiritualité et relations amoureuses. Si on quitte la folk britannique de leurs débuts et du premier album Sigh No More, on poursuit sur la voie tracée avec Babel, leur deuxième opus, et ses sonorités plus américaines. Cette fois, on branche les guitares et on déballe les riffs, Wilder Mind est volontairement plus rock et certifié sans banjo.

Marcus Mumford, la voix et la plume du groupe, y raconte la vie new-yorkaise. D’ailleurs, les influences US se font de plus en plus entendre depuis que le groupe a explosé sur la scène outre-Atlantique. Le groupe accueille un batteur qui a su se faire une place et porte la nouvelle section rythmique avec énergie ; mais aussi Tom Hobden, ancien violoniste de Noah and the Whale.

Le ton est donc donné dès la première chanson « Tompkins Square Park » avec un riff acéré et la voix si reconnaissable de Marcus sur un rythme rock fermement assuré. Vient ensuite le premier single « Believe » où l’on retrouve la signature plus délicate du groupe avant de plonger dans cette nouvelle esthétique un peu tapageuse. « The Wolf » en remet une couche avec une intro à la batterie qui fait du bruit. On regrette parfois les transitions un peu abruptes et le chaos de certains passages, pas vraiment dans la finesse.

Le titre éponyme « Wilder Mind », puis « Just Smoke » et « Monster » continuent dans la lancée de l’exploration de l’électrique avec le chant choral qui invite au sing along et qui a fait la célébrité du groupe. On reste un peu sur notre faim car les lieux communs du genre ne sont pas vraiment dépassés. Toutefois avec « Snake Eyes », il semble que Mumford and Sons aient trouvé un équilibre relatif entre leur héritage folk et leur révolution rock. Défi relevé.

« Broad-Shouldered Beasts » et « Cold Arms » renouent avec l’introspection plus posée qu’on leur connaît avec une pointe de blues, avant de laisser la place à « Ditmas », un titre aux accents étonnamment pop-punk. Ce troisième effort se clôt sur « Only Love » et « Hot Gates », morceaux plus mélancoliques et intimistes qui laissent entendre des conclusions un peu noisy mais sans grande profondeur.

Wilder Mind partage donc les fans : certains s’agacent que la musique de stade remplace les murmures folk à leurs oreilles ; d’autres voient d’un bon œil cette évolution esthétique. Plus qu’une véritable rupture stylistique, Mumford and Sons opèrent une transition musicale assez réussie (mais pas tout à fait aboutie) et s’ouvrent à un nouveau public au risque de décevoir les fans de la première heure. L’avenir dira si cette nouvelle identité rock portera ses fruits après maturation des titres en live ; et si le groupe saura dompter les guitares électriques sans tomber dans le son commercial à la Coldplay.

Guilty pleasure ou satisfaction assumée, l’album est disponible dans les bacs et le groupe entame une tournée dont une date, déjà complète, à l’Olympia. Nous pourrons aussi les voir à l’affiche de festivals comme le Main Square à Arras début juillet. À découvrir et à écouter avec une bière bien fraiche, of course.

Cheers !