Montreux Jazz Festival 2015 | Live Report – Jour 1 / Auditorium Stravinsky

Les aléas du trafic helvète me font louper les 10 premières minutes du premier concert d’un programme bien chargé. Qu’à cela ne tienne, les Alabama Shakes ont déjà surchauffé le magnifique auditorium Stravinsky. Dès les premières minutes, on se dit que c’est assez marrant de voir des couples de quinquas polo sur les épaules hocher de la tête sur une southern soul de taulier. Si j’étais arrivé plus tôt, j’aurais même pu pogoter avec les tatoués. Ça m’apprendra.

Les Alabama Shakes ont commencé un set assez soft, Britanny ne fait pour le moment que s’étirer un par un les muscles du visage. Mais le répit ne dure pas longtemps avant que la chanteuse ne dédie sa chanson à son pote Mike, précisant que ce dernier ne peut pas l’entendre parcequ’il est en prison, ce qui nous place tout de suite dans l’ambiance !

© 2015 JJFP – Lionel Flusin

C’est parti pour la grosse artillerie, le rouleau compresseur est en marche et bien en forme. Britanny n’était ce soir là plus de l’espèce humaine, rejoignant une version plus évoluée et dotée de 4 poumons, 1000 muscles au visage et deux cœurs. C’est une véritable douche de vibe qui s’abat sur un public conquis et jamais rassasié ! Ça tombe bien la miss a de l’énergie à revendre. Son visage se tord au gré des paroles qu’elle découpe dans l’air avec conviction et fermeté. Le groupe attaque alors une version redoutable de « don’t wanna fight » qui fini d’achever la retenue des quinquas, c’est un festival de booty shake jusqu’au fond de la salle. Deux derniers titres concluent ce set très réussi, avec néanmoins un tout petit bémol pour certains musiciens dont on se demande si leur statisme fait partie de la scéno. Mais peut importe puisque, et c’est peut être le but de la manœuvre, nos yeux sont systématiquement rivé sur la prêtresse Britanny.

A peine le temps d’encaisser qu’il faut déjà se sustenter d’un hot dog à 8€, même si la ratatouille à 14€ a l’air bonne, avant le prochain concert prévu dans l’auditorium : Paolo Nutini. Très honnêtement, je n’en connaissais pas grand chose, et je n’appréciais pas le peu que j’en connaissais, mais remonté comme un coucou suisse par notre soul d’Alabama, je me sentais d’humeur aventurière.

© 2015 – Charles Giafferi

Arrivé dans le public, un mannequin dont le visage suggérait que la Porsche de papa était garée en double file était sur scène. Mince : c’est notre homme ! Passée l’impression désagréable d’assister au tournage d’une pub pour parfum, on essaye de se concentrer sur ce pour quoi on est venu : la musique. De ce côté là, c’est encore moins réjouissant, on a affaire à une pop vaguement inspirée de soul/blues, aux arrangements faciles et jouée par des musiciens qui ne semblent pas y croire beaucoup.

© 2015 JJFP – Lionel Flusin

Peut-être que le minet est victime d’un effet de contraste derrière la cartouche d’Alabama shakes. Toujours est-il que pour ce set, le vrai spectacle était dans la salle, parce que oui, Paolo Nutini fait plus mouiller les culottes que les fronts donc inutile ici de rechercher les bootyshake de quinquas de tout à l’heure…

© 2015 – Charles Giafferi

C’est en sortant d’ici et en arpentant les petites ruelles qui longent le lac que je réussirais à me retirer cette impression d’avoir perdu du temps. Petit couché de soleil, mix au grand air sur les terrasses à fleur d’eau, Montreux est vraiment un cadre rêvé pour ce festival de dingos ! Il faudra essayer toute les buvettes avant de rentrer préparer notre prochain jour de concert ! Alors j’irai finir ma journée avec en tête la patate de Britanny.