Peut-on vieillir quand on fait du rock ? Metallica vous dit tout !

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metallica-2016

Derrière ce titre racoleur et mensonger (#puteaclic) se cache une véritable question musicalo-métaphysique – ou métaphysico-musicale, c’est vous qui voyez – ; si le rap n’est pas toujours tendre avec tout ce qui dépasse les 40 ans, même sous weed, le rock ne s’embarrasse pas avec les problèmes de rides et les cheveux gris (ou gras). Tant qu’y a riff, y’ a match, comme on dit dans le rugby. À moins que ce soit autre chose… Bref.

Il faut dire qu’outre le plaisir de siroter des bouteilles de Jack Daniel’s comme si c’était le sang de l’antéchrist*, le bonheur de faire courir ses doigts le long du manche (#onvousagrillebandedobsesdes #onlapasfaitexprespromis) n’a de fin que lorsque la mort survient. N’est-ce pas Lemmy ? Et c’est pour cette raison, quoiqu’on en dise, que Johnny continue à polluer nos ondes. Mais trêve de sujets fâcheux. Causons Metallica.

Ben oui, parce qu’au Limo, on aime la musique avec un grand M. Pas Black M ; suivez un peu, bordel. Parler de rock, au sens pur, au sens dur, au sens sueur et pogo du terme, sans aborder le groupe Metallica… Ce serait comme Trump sans sa mèche folle, Sarkozy sans ses casseroles (#rimedeouf). En résumé, les Four Horsemen viennent de sortir un nouvel album, et ça a fait grand bruit sur la planète METAAAAAAAAAAL. Bouh.

Hardwired...To Self-Destruct

Et comme on ne change pas une équipe qui gagne depuis 1981, Hardwired…To Self-Destruct, doux sobriquet choisi pour ce 10ème effort studio, est un album puissant, efficace, rageur, épique. Mais autant être franc : les puristes n’y retrouveront pas l’originalité et les envolées d’un Master Of Puppets ou d’un Black Album – malgré d' »étranges » similitudes -. Qu’à cela ne tienne, la catastrophe St Anger est définitivement oubliée, et après un très bon Death Magnetic, Hardwired…To Self-Destruct confirme une belle tendance. 12 titres et presque autant de réussites sur cette galette entièrement produite sur le label du groupe, Blackened, fondé en 2012. Aussi épuisant que jouissif, l’album s’accompagne qui plus est de 13 clips. C’est appréciable, en particulier lorsque l’on connaît la position de James Hetfield et de Lars Ulrich sur le téléchargement illégal, et sur le fabuleux internet en général.

Si la plupart des vidéos tirées de Hardwired…To Self-Destruct montrent principalement le groupe jouer en bougeant leur caboche au rythme effréné de leur musique, on notera quelques séquences visuellement très réussies. « Spit Out The Bone » et son monde post-apocalyptique mâtiné de kitsch, « Murder One » et son graphisme proche de celui de Gorillaz mettant en scène le regretté leader de Motörhead, ou encore « Here Comes Revenge », fable cauchemardesque qui n’aurait pas déplu à La Fontaine, montrent que les membres de Metallica se sont plutôt bien entourés. Plus terre-à-terre, « Am I Savage » et « Confusion » mettent en scène l’absurdité de nos vies et les dérives de nos sociétés modernes, alors que « ManUNkind » verse dans le clin d’œil au black metal, très apprécié dans les froides contrées norvégiennes (un big up de metalleux quoi). Laissons à présent parler les images et les notes, si vous le voulez bien :

Côté sonore, on reste dans la droite lignée de Death Magnetic, avec des morceaux redoutables, denses et rapides, que la « légèreté » et la virtuosité des solos de Kirk Hammett viennent ponctuer : le charme opère, et les recettes, pourtant éprouvées il faut bien le dire, continuent de fonctionner. On se brise la nuque dès le début du LP sur « Hardwired », sans s’arrêter jusqu’à la cinquième piste, « Dream No More », qui n’offre qu’un demi-répit. Le rythme ralentit sur le milieu de l’album, mais le jeu dur persiste, comme sur « Halo On Fire », qui n’est pas sans rappeler « One »… de par ses courtes accalmies seulement. Ne cherchez donc pas de « Nothing Else Matters » bis ici, Hardwired…To Self-Destruct n’est pas du genre reposant. Pour ça, il y a le rayon musique de Nature et Découvertes. Quant à celles et ceux qui vivent dans une grotte – vu le prix des loyers, ce n’est pas étonnant -, sachez que Metallica se produira le 27 septembre 2017 à Bercy.

À la bonne VÔÔÔÔÔÔÔÔÔÔTRE !

*cassdédi à Christine Boutin