Oh MaMA ! Notre live report sur le MaMA Festival est sorti !

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Pour cette édition 2016, le MaMA Festival a joué comme à son habitude la carte de l’éclectisme. Du beatmaker bordelais I am stragram au groupe de hard rock malgache Dizzy Brains en passant par les hipsters québécois de Jesse Mac Cormack et les truculents Lucille Crew, chaque groupe se distingue autant par sa singularité que par son envie d’en découdre… avec le public, majoritairement composé de professionnels de l’industrie musicale, rappelons le.

Car le MaMA est avant tout une plateforme dédiée à la réflexion sur le monde de la musique. Workshops, conférences et networking rythment ainsi les après-midi des festivaliers ayant souscrits à cette option. Le soir venu, il s’agit de jongler entre les treize salles du 18e arrondissement parisien et les quelques 120 concerts qu’elles proposent. Tout en essayant de ne pas se tromper avec les nombreux peep-show qui bordent le boulevard de Rochechouart … 😉

Pour notre première soirée de festival sur mesure, on est allé découvrir des groupes dont on avait déjà entendu parlé, ou pas du tout, mais on est aussi parti à la découverte des salles parisiennes qu’on n’a pas l’habitude de côtoyer. Première escale au Divan du Monde où on n’avait pas mis les pieds depuis un moment pour écouter The Slow Show. Les Anglais ont livré un show sombre et envoûtant qu’ils définissent eux-mêmes comme slowcore. Ils ont pris le temps d’établir une atmosphère post-rock rêveuse qui nous rappelait The National ou Interpol à la glorieuse période 2007.

Changement de décor et d’ambiance au Backstage By the Mill avec Lucille Crew. Le groupe Israélien est composé de neuf musiciens avec une énergie incroyable qui se répand dans le public comme une trainée de poudre. Si la salle était un peu vide quand ils ont commencé leur set, elle était en ébullition quand ils ont quitté la scène. Le mélange de funk, de rock et de cuivres porte la superbe voix aux accents soul de la chanteuse qui s’allie aux couplets hip hop du rappeur. On a pris une sacrée claque et on a même voulu les rencontrer dès la dernière note de leur show. L’interview arrive très vite !

Après l’effervescence fusionnelle, nous voilà assis dans les confortables sièges des Trois Baudets. On attendait Jesse Mac Cormack. Débarquèrent alors sur scène un batteur, deux bassistes et le songwriter armé de sa guitare et de ses pédales. Si le début du set nous a surpris, on est entré progressivement dans l’univers du Canadien, tout en tension et en hargne. Ça changeait radicalement de ce qu’on avait pu voir plus tôt dans la soirée mais on a été embarqué par cette énergie presque brutale, sauvage.

On a ensuite pris le temps de souffler un peu avant de se glisser dans la salle déjà pleine du Théâtre de l’Atalante pour terminer en douceur avec Palatine. Le groupe français qu’on découvrait à peine. Dans une veine poétique à la française, on s’est laissé porté par les ballades pop-rock de la formation qui a déjà ses adeptes. C’est avec leur charme léger qu’on a conclu cette première soirée du MaMA.

Le jeudi était placé sous le signe du show et du rock avec The Dizzy Brains à la Boule Noire. Le MaMA n’a pas oublié les fans de punk et de rock garage. Emmené par un chanteur charismatique aux faux airs de Mick Jagger, ce groupe de jeune malgache à la fureur de vivre contagieuse enchaîne les chansons et les riffs à un rythme endiablé. Conscient d’être les porte-paroles d’un pays où les inégalités économiques font des ravages, ils assument pleinement leurs rôles d’artistes engagés. Et entre deux chansons brossent un portrait peu reluisant de la vie à Madagascar. Le groupe fondé en 2011 par deux frères, Eddy et Mahefa Andrianarisoa, a sorti son premier album en 2014, suivi d’un maxi « Vangy » en 2015. Depuis, la gouaille malgache ne cesse de conquérir de nouveaux hémisphères.

On ressort bien sonnés après ce concert pour plonger dans un trip résolument groovy au Backstage by the Mill avec Otis Stacks. Cette formation est composée de JustMike, un producteur danois et d’Elias Wallace un chanteur-producteur de Los Angeles. Entre funk posée et soul travaillée le duo nous embarque dans un univers plein de douceur. Une signature vocale impeccable, des influences hip-hop mâtinée de synthé vintage. On en redemande.

A la Machine du Moulin Rouge on termine en roulant des mécaniques sur Jean Tonique. Ce beatmaker français produit une électro fraîche et dansante entre les pépites confidentielles d’un Jeremy Underground et l’efficacité des Daft Punk. Rien que ça. De quoi s’ambiancer jusqu’à l’aube… enfin 1h45 plus exactement

Le début de soirée pluvieuse du vendredi, on l’a passé en compagnie d’Axel Flòvent dans la cave du Petit Moulin. Seul avec sa guitare acoustique, le jeune songwriter islandais a séduit son auditoire avec des ballades graciles et délicates. En tant que membres de la team garçon sensible et chaton triste du Limo, cette douce mise en jambe nous a clairement comblé. L’île volcanique ne nous a visiblement pas encore dévoilé tous ses joyaux.

On a traversé ensuite la rue et on s’est pressé au Bus Palladium pour attraper la fin du set d’Anna B Savage. La jeune Anglaise a déjà ravi le cœur de la Blogothèque et on est nous aussi tombé sous le charme de son rock intrigant à grand coup de feulement et de guitare électrique. Si ses mimiques et ses simagrées rauques peuvent en refroidir certains, elles nous ont convaincus. On est resté un moment à discuter de cet étrange concert auquel on venait d’assister.

Puis on a pris la route du Divan du Monde pour aller voir, écouter et danser avec les 3SomeSisters qu’on avait rencontré il n’y a pas si longtemps. Les quatre divas queer et ethniques n’ont pas fait mentir leur réputation haute en couleur. Chorégraphies, mises en scène et sens du rythme à toute épreuve ont retourné la salle dans une franche bonne humeur. Les booty ont shakés, les mains se sont levées et une émotion quasi-incantatoire a même pointée le bout de son nez en clôture de ce show, et de ce festival étonnant et détonnant.

Le rendez-vous est donc pris l’an prochain pour une nouvelle édition d’un festival qui nous réserve des découvertes des plus éclectiques. Avec un programme à faire soi même et un parcours itinérant dans les salles de spectacle de Pigalle et Montmartre, le MaMA festival a définitivement trouvé la bonne formule.