Sunlit Youth, Local Natives met la jeunesse en pleine lumière

Local Natives Sunlit Youth

Le « modèle Coldplay » va-t-il tuer la folk ?

 

Le fameux groupe britannique a explosé sur la scène internationale. Il est devenu le symbole symptomatique du passage de la folk-pop-rock-indé à la soupe commerciale qui remplit les stades. Le « modèle Coldplay » voudrait donc que tous les groupes folk qui accèdent au succès passent du côté obscur de la popularité. Et si on en croit la théorie vérifiée par nombre de véritables fausses études américaines tout droit sorties de nos cerveaux mélomanes, le retour de Local Natives en serait une preuve supplémentaire. Nous parlons ici de la « théorie du troisième album ». C’est-à-dire qu’après un premier album indé à tomber par terre (en l’occurrence Gorilla Manor), vient un difficile et très attendu deuxième opus (Hummingbird) avant le troisième effort couperet qui devrait effectivement confirmer le succès du groupe. Avec Sunlit Youth, le quintet californien tombe dans des travers synth-pop et la tentation de faire des hymnes de stade un peu (trop) mainstream selon Pitchfork.

Mais pas de panique ! On peut toujours compter sur le talent de Local Natives en matière de mélodies, de rythmes et d’harmonies. Si les synthés et la production un peu lisse viennent parasiter cette sainte trinité, ce nouveau disque n’en est pas moins de qualité. Il est à classer du côté de la réinvention à la sauce James Vincent McMorrow.

Plus qu’une ode à la jeunesse dorée des Amériques, c’est une réflexion sur le passage du temps qui porte Sunlit Youth. Le thème du changement met en lumière une jeunesse fantasmée qui fait face à un monde compliqué (le nôtre, youpi). « Fountain of Youth », par exemple, fait référence à l’élection américaine (bisou Hillary), au féminisme et au rôle qu’auront à jouer les nouvelles générations. Pas alarmiste pour un sou, c’est plutôt sur l’espoir et la liberté que compte le groupe.

On retrouve dans « Villainy », « Masters » ou « Coins », le sens de la mélodie de Local Natives doublé d’un jeu sur la rythmique qui sort de l’ordinaire. Les amoureux des harmonies entrelacées y trouveront également leur compte avec « Past Lives » ou « Sea of Years ». La ligne Coldplay n’est pas franchie, ouf ! On reste sur du pop-rock indé comme on l’aime.

Ajouter de l’electronica à Sunlit Youth n’aura pas précipité la chute de Local Natives dans le top de nos petits cœurs fragiles. C’est un disque plein de bonnes idées, un peu baroque parfois. Et si la production laisse pressentir un manque de conviction, c’est pour mieux le balayer en live ! On était à la Boule Noire fin août pour le tour de chauffe de la nouvelle tournée et l’énergie des cinq garçons de Local Natives est impressionnante. La claque.

Le pari du troisième album est donc, cette fois, relevé avec succès (déso Mumford & Sons). On pourra retrouver les californiens au Trianon le 10 novembre, ils viendront défendre férocement leur dernier effort. On a hâte d’y être !