Le Cap Vert, c’est plutôt pépère, frère.

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Ancienne colonie portugaise, l’archipel du Cap Vert, situé au large des côtes sénégalaises se compose de 10 îles (dont 9 sont habitées). Au fil des ans, ce petit bout de terre est devenu un modèle de démocratie en Afrique. Pour vous donner une petite idée, le 20 mars dernier ils étaient près de 300 000 à aller voter pour les 72 députés qui composeront leur Assemblée Nationale – sachant qu’ils sont en tout et pour tout 500 000 habitants sur ce tout petit archipel, on peut dire que c’est un ratio plutôt pas mal, non ? Un peuple anciennement colonisé par le Portugal, fortement métissé, mais surtout soudé. Les ethnies n’existent pas au Cap Vert, contrairement à la Guinée Bissau, pays frère dont il s’est opportunément détaché, en 1980.

Voila c’était la minute « aujourd’hui tu en sauras un peu plus sur la situation politique et sociale du Cap Vert ».  Maintenant on peut passer à ce qui fait l’essence même de notre site : ben oui, la musique ! Et pour le coup, le Cap Vert est pas trop mal verni de ce côté là non plus. On connait évidemment tous Césaria Évora, figure emblématique et désormais mythique de ce joli « petit pays »…

On pourrait également parler de Bana, moins connu par chez nous mais tout aussi représentatif de la « Morna », genre musical né au milieu du xixe siècle à Boa Vista (3ème plus grande île de l’archipel). Polyphonique, aux mélodies nostalgiques et plaintives, la Morna est l’écrin parfait pour les chanteurs d’histoires, de regrets et d’espoir.

Mais connaissez-vous Mayra Andrade ? Ce nom ne vous dit peut être rien, pourtant c’est elle aussi une des dignes héritières de la culture musicale du Cap Vert – Et en plus, contrairement aux deux autres, elle est encore vivante ! (mauvais goût, désolé). Née à La Havane, de parents cap-verdiens, Maya Andrade grandit à Praia, chef lieu de l’Ilha de Santiago (Cabo Verde). Elle passe son enfance entre le Sénégal, l’Angola et l’Allemagne au gré des affectations de son beau-père diplomate pour finalement se poser à Paris et se lancer dans la chanson.

Ce sont 4 albums qui sortiront entre 2006 et 2013, dont le plus connu, Lovely Difficult, aura même une résonance importante à l’international. On s’en écoute d’ailleurs un petit extrait tout de suite maintenant, avec « Ilha de Santiago »

Dernier coup de cœur en date, sa collaboration avec le producteur portugais Branko, fondateur du collectif Buraka Som Sistema. Changement de style, beaucoup plus electro et actuel, mais qui n’enlève rien aux charmes et à la douceur de la belle. Le résultat est envoûtant, et comme nous on aime bien ça être envoûté, on se l’écoute.

Au passage, on vous conseille de vous attarder un peu sur le projet de ce fameux Branko. Il s’agit en effet d’un extrait de son premier album solo, Atlas sorti en juin dernier via Enchufada. Le beatmaker lisboète a parcouru le monde et s’est associé à pas mal d’artistes de tous bords, comme la chanteuse sud-africaine Nonku Phiri sur le titre Let Me Go (mood around the world), la rappeuse de Harlem Princess Nokia et d’autres encore. Le résultat est bluffant, riche, tribal. On aime, on conseille, alors écoute !