La Villette Sonique 2015 | Live Report

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CECI EST UN LIVE REPORT EN DEUX PARTIES RÉALISÉ PAR DEUX PERSONNES DIFFÉRENTES SUR UN SEUL FESTIVAL MAIS QUI SE DÉROULAIT SUR PLUSIEURS JOURS. CE FESTIVAL ÉTAIT LA VILLETTE SONIQUE. MERCI DE VOTRE ATTENTION.

 

PARTIE 1 : Les après-midi du samedi 23 et dimanche 24 mai 2015. Par Jean Calin le professionnel.

PARTIE 2 : Le concert de clôture du mercredi 27 mai, avec Shamir et Nova Materia au Trabendo. Par Julios les bons tuyaux.

 

PARTIE 1

Samedi 25 mai 2015. 15h31. Le ciel est bleu, un membre de l’équipe du Limonadier ouvre les fenêtres de sa chambre et laisse entrer un peu d’air pollué mais néanmoins assez frais afin de dissiper les odeurs d’une nuit de transpiration alcoolisée. Car le Limonadier, justement, faisait son apéro aux Nautes la veille au soir, et qu’il n’y avait pas que de la limonade.

Bref, le citoyen responsable qui est en train de parler de lui à la 3 ème personne comme dans un magazine gonzo à la mode s’était volontairement désigné pour couvrir les concerts gratuits du festival la Villette Sonique, qui se déroulaient les après-midis du samedi et du dimanche dans le grand parc parisien. Il allait s’y rendre avec joie et enthousiasme pour la 4ème année consécutive. Il vous présentait d’ailleurs une partie de la prog du festival dans cet article.

Donc il est quasiment 17h et il fait toujours aussi beau quand l’enveloppe corporelle, vidée de son énergie mais toujours remplie de punch, un peu déçue d’avoir déjà loupé une flopée de concerts, se déplace difficilement vers la grande scène, au centre du parc et faisant face à la Géode de la Cité des Sciences, où le concert du groupe Cheveu commençait. On pourrait d’ailleurs définir la musique de Cheveu de deux façons : comme pas vraiment idéale pour une gueule de bois ou réellement idéale pour une gueule de bois. Et les morceaux ultra rentre-dedans du groupe ont eu l’effet désiré : c’est à dire une bonne douche au paracétamol qui a ainsi pu réveiller les sens (et surtout l’ouïe) de notre apprenti bloggeur. Surtout que le groupe jouait beaucoup de morceaux de son dernier (et génial) alBUM, cavalcades de boites à rythmes sur guitares et synthés mélodiques, équilibre idéal entre pète-casques et caresses.

Et puis, voir ce groupe sur une si grande scène avec autant de monde, ça faisait bizarre, ça faisait du bien :

Suivait ensuite sur la même scène Awesome Tapes From Africa, un digger qui mixe sur des cassettes de pépites groovy africaines oubliées, pour une sélection pointue et agréable, malgré un son qui manquait un peu d’intensité pour une scène de cette taille.

Précision : l’auteur de ces lignes va désormais écrire “On” au lieu de “Il” car des amis l’ont rejoint. Il va donc aussi arrêter d’écrire “l’auteur de ces lignes”.

On a ensuite préféré se diriger vers la scène isolée du Jardin des îles (à droite de la Géode pour se situer géographiquement dans l’espace) pour ne pas louper le dernier concert de la journée (déjà !) des excellents Syracuse. En passant, on fait quand même une petite halte dance en bermuda, pépouze sous les arbres devant le Boom Bus Redbull et sa super programmation cette année.

On arrive enfin devant la scène,  et waaaaw la Géode derrière reflète le ciel, à peine le temps de prendre place dans la foule impatiente que c’est le décollage immédiat. Syracuse envoie sa purée galactique qui prend aux tripes, pleine de montées mélodiques synthétiques et rythmiques progressives. Nous sommes donc officiellement en transe sur une autre planète. C’est cool.

Preuve photographique de cet alunissage  :


Dimanche 25 mai
. Ouch. Ouiiillleeee. Roulouloulou. Bon la, ça craint du boudin. On s’est encore réveillé trop tard. Deuxième gueule de bois du weekend donc. La faute encore à du tourbillonage adolescent. Merde. C’est qu’on a bientôt 30 piges, donc on fait moins les malins.

On voulait absolument voir le live de Marietta, projet solo du guitariste des Feeling of Love, mais seulement arrivé à la nouvelle scène « Labels » qui jouxte la grande halle qu’on n’a que la force de se jeter un peu trop loin dans l’herbe comme des harengs séchés, et de contempler à distance ce concert qui avait quand même l’air bien sympa.

Après on profite de la vie, ambiance chill bébé et parisiens détendus devant la scène labels  :

On s’est ensuite décidé à se remettre dans le jus sonore, et pour cela quoi de mieux que le post-punk-noise ultra lourd de Girl Band ? Et on peut dire que l’on ne s’est pas loupé, car c’était une grosse claquasse pour tout le monde. Les mecs, avec leur dégaine de minets universitaires, ont surpris la foule en envoyant un bon pâté autant bruitiste que fun, en faisant plein de trucs bizarres avec leurs instruments.

Nous étions trop à l’ouest pour sortir un appareil photo, mais voici une vidéo à la colorimétrie aléatoire, trouvée sur Internet, qui a pour mérite de vous illustrer en seulement 1 minute l’état de notre cerveau et surtout à quel point ce concert était intense.

On retourne ensuite sur la scène Labels faire quelques pogos /vomis en compagnie des barjots Pierre et Bastien et leur punk aux paroles débilos. Puis on file finir la journée encore une fois au jardin des Iles pour le live épicé des Ninos Du Brazil, et leurs battucadas de l’enfer. Grosse ambiance bien sur, les mecs se défoulaient sur leurs percussions comme des diablotins sortis d’un carnaval tantrique.

Qualité de photo pourrie, brazziltude, et Fiiiiessttaaaa :

La prochaine fois « l’auteur de ces lignes apprenti bloggeur et citoyen modèle » sera plus sérieux, promis, mais il a passé quand même de supers moments alors merci qui ? Pas merci encore, c’est pas fini :

PARTIE 2

En clôture de la Villette Sonique, le mercredi 27 mai au soir, le Trabendo accueillait Shamir le jeune prodige (21 ans) originaire de Las Vegas pour un show embrassant à pleine bouche le disco, la pop électronique et la house. Fort de la sortie de Ratchet il y a deux semaines, Shamir a confirmé la puissance tubesque de son nouvel album pour la première fois sur scène, dans un Trabendo survolté, à la fois hype et queer.

Après une première partie efficace assurée par Nuvo Materia, duo shoegaze électronique, Shamir débarque fringant dans un T-shirt “Chicago”, dreadlocks attachées en buns et entouré des musiciens du label new-yorkais Godmode. Le concert s’ouvre sur « Vegas », premier titre down-tempo de Rachet,  Shamir nous raconte, entre retenue et excitation, d’abord qui il est et d’où il vient avant de faire remuer la salle. Les tubes disco « On The Regular », « Make A Scene » et « Hot Mess » s’enchaînent à toute vitesse, portée par la voix de Shamir, sa véritable signature vocale qui intrigue, qui rappe, chante au gré de ses envies. Celle-ci est accompagnée de celle de sa choriste alternant par effet voix féminine et voix masculine, renforçant le côté androgyne du personnage. Sur « Darker », l’artiste s’adonne à un exercice périlleux, seul au piano, mélangeant envolées vocales imparfaites mais attachantes avant de conclure avec le tube « Head In The Clouds » qui invite sans concession à rejoindre Shamir sur le dancefloor. Si finalement la foule ne monte pas sur scène, c’est Shamir qui vient à elle, au milieu de la fosse, partagé quelques pas de danse et faire quelques selfies en souvenir.

On retiendra de cette soirée cette incroyable aisance sur scène comme dans la liberté identitaire de la génération qu’il incarne, conscient de ses faiblesses mais misant sur la fraîcheur des arrangements et son charisme pour l’emporter finalement. Quelques photos reflétant l’énergie du live ICI.

Pour vous donner une petite idée de ce que ça donne en live :

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Voila, le récit de l’expérience parcellaire mais pleine de plaisir de cette 10ème édition de la Villette Sonique prend fin. Donc merci aux organisateurs, merci à Green Room de nous avoir conviés à ce bel événement, merci la Villette, merci la vie, et à l’année prochaine !!
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