La chanteuse Juliette Armanet est en réalité un personnage caché de Starmania

De plus en plus, les vendeurs de la FNAC galèrent et débattent des heures d’à quel rayon appartient tel ou tel artiste: « Est-ce qu’ Anderson .Paak c’est du rap ? Est-ce que Benjamin Clémentine c’est de la pop ? Est-ce que Jul c’est de la musique ? ». Un enfer du quotidien duquel nous, simple quidam, sommes dieu merci éloignés. Mais heureusement pour cette espèce en voie de disparition qu’est le disquaire, quelques artistes jouent le jeu, se rangent eux même dans leur propre case et s’en amusent, parfois.

Loin de l’exercice de style pourtant, Juliette Armanet nous sert dans son premier album Petite Amie sorti vendredi dernier de la bonne chanson française AOC.

Repérée en 2014 dans la compilation de Colette avec son titre phare « l’amour en solitaire » qui ouvre d’ailleurs son album, la Juju a tracé sa route depuis, bien entourée et bien ancrée dans son esthétique résolument Starmaniaque, entre une BO de Xavier Dolan et les bonnes périodes de Françoise Hardy. Et, petit plaisir des oreilles et des yeux, on se met pour rappel le clip du fameux titre originel « L’amour en Solitaire ».

Il y a une voix d’abord, un style rétro et cristallin, précis et sincère qui malgré des compos pouvant paraître musicalement loin de la révolution contre-culturelle, accroche et fonctionne diablement bien! C’est l’archétype des artistes « crossover » qui touchent toutes les générations avec des recettes simples, vieilles comme le monde, mais vraiment bien exécutées : ça nous parle d’amour sur un piano, ça fait des ouhouhouuu sur des mélodies mélancoliques et agréables. Résultat, après avoir été adoubée par quelques sphères parisiennes (et autres citadins ressemblants à des parisiens), elle arrive tout de même a signer dans une major et à se vendre chez Leclerc, ce qui est une performance en soit.

Et puis il y a ses textes, accessibles et parfois un peu cheesy, mais au fond ça nous rajoute le petit côté guilty pleasure attachant, dans lesquels se mêlent termes choisis et banalité du quotidien. La mélancolie est tout de même ce qui ressort le plus des 12 titres de ce premier album, peut être à éviter alors pour les petits cœurs fragiles qui viennent de vivre des moments très très durs (pour le moment allez plutôt écouter Kalash Criminel ça vous fera du bien).

Les arrangements enfin, sont sobres et efficaces. Les chœurs à la Michel Berger, c’est kitch mais ça installe tout de suite l’ambiance retro-turfu. Mention spéciale pour l’intro du morceau « A la folie » qui nous a bien fait penser à l’univers romantique / new wave du titre « Goodbye Horses » version Q Lazzarus. Peut-être la faute aux nappes de synthés et à la caisse claire mate et désinvolte.

Le tout, on s’en excuse, nous fait penser qu’en réalité, Juliette Armanet était une pote de Johnny Rockfort dans Starmania… éclipsée à l’époque par un certain blues du business man, elle n’est jamais arrivée en ville jusqu’à ce jour. Dieu merci, elle a réussi à s’extirper et à enfin nous livrer cet opus plein de fraîcheur signée par la maison Barclay qu’on s’écoute avec plaisir. Cheers.

 

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