j^p^n – sans titres

Il est des fois où la roulette aléatoire du streaming nous fait tomber sur un son qui s’avère être exactement ce qu’on avait besoin d’écouter. Ce qui nous est arrivé pas plus tard qu’avant-hier avec le projet un tantinet cryptique de l’artiste j^p^n.

En effet, on ne sait quasiment rien sur lui (pas de label, pas d’article sur son travail, on ne connait pas son identité, etc.) hormis le fait qu’il aime utiliser twitter quand il est défoncé, que le lien url de son compte soundcloud – pas mal suivi – se nomme “fuck this url”, et que l’on y trouve la description suivante “THIS MUSIC IS WHEN THE HERO RIDES THE WHITE HORSE ON THE HORIZON OF AMBER, AND THE ROSES RAIN FROM THE SKY WHILE THE DOVES OPEN WINGS TO THE SONGS OF ANGELS”. Pourquoi pas. Ce côté branleur n’est d’ailleurs pas pour nous déplaire, surtout que sa musique parle d’elle même.

Il y a maintenant deux jours j^p^n sortait ce morceau, bien sûr sans titre, et qui, sans être très original, nous met plus qu’à l’aise. Car le son s’avère être à ce moment précis la proposition musicale la plus pertinente identifiée par l’hémisphère droit de notre cerveau, certainement influencé par ce début des premières chaleurs et des aspirations à glander au bord d’une piscine à débordement dans une fin d’après-midi californienne. Allez, on vous laisse vous pavaner sur ces petits break délicieux et on revient juste après :

Vous l’avez sûrement compris, j^p^n produit une sorte d’abstract hip hop doré et nonchalant, qui regorge de samples et d’incitations à ralentir son rythme cardiaque. Ses morceaux, la plupart du temps très courts, nous plongent durant leur brève existence sonore dans une ambiance des plus solaire et agréable. Comme celui-ci, toujours sans titres, sorti il y a une quinzaine de jours :

L’artiste a sorti pour l’instant rien de moins que 3 albums sur la seule année 2014, et distille régulièrement des petits bout de bonheur sur les réseaux. En début d’année dernière, comme pour annoncer son projet un tantinet je m’en foutiste (et surtout très addictif), il publie deux vidéos, dont celle que nous allons regarder maintenant, qui nous permettent de cerner un petit peu mieux son univers, ainsi que son humour. Ces images, qui ressemblent à un film de vacances, semblent collées les unes aux autres un peu comme ses samples, c’est à dire de façon autant aléatoire que délicate, et surtout avec une grâce toute naturelle.

Voila, on vous a bien chauffé à blanc avec tout ces courts extraits, il ne nous reste plus qu’à vous lâcher avec son très réussi troisième album sorti fin 2014, intitulé [cane.sugar]. Vous y entendrez  j^p^n enfiler ses perles – constituées de samples 70’s sculptés sur des beats, de voix de rapeurs fantomatiques et de bonnes grosses mélodies –  comme un artisan consciencieux mais détaché, un passionné à la cool qui pense tout d’abord à la vie et aux belles images que portent sa musique. Musique qui ne manquera pas de rappeler à certains l’ambiance des productions de Blockhead ou même des instrumentaux de Fuzati pour Le Klub des Loosers.

Vous pouvez également vous plonger dans ses deux autres albums disponibles sur bandcamp. Et lui donner en passant de l’amour et de l’argent pour soutenir sa démarche de liberté. Ou télécharger le tout gratuitement et vous tailler au soleil comme les braqueurs de bon sons que vous êtes.