Plus jamais seul dans la nuit avec Vesuvio Solo

Vesuvio Solo

Ça y est, c’est bel et bien l’automne, il est donc largement temps de transformer votre univers sonore en coussin douillet sur lit de courants d’airs tièdes légèrement humides. Et on peut dire que le deuxième album de Vesuvio Solo, qui vient de sortir en France sur le label Atelier Ciseaux, tombe à pic. Un disque qui contient un joli petit lot de dosettes musicales douces-amères et extrêmement réconfortantes, à s’insérer dans les oreilles la nuit tombée tout en remontant la fermeture de sa veste à la sortie d’une bibliothèque, après y avoir passé un début de soirée studieux à regarder dans le vide par les fenêtres.

Le groupe canadien le plus cool du moment selon les Inrocks (ça dure combien de temps un moment ?) compose en effet des morceaux soft-rock sophistiqués plus que cool, et même assez idéals pour marcher dans la rue, le soir, avec ou sans longue veste d’étudiants sophistiqués. Commençons avec le titre éponyme « Don’t Leave Me In The Dark » et son clip très beau, très fétichiste et très très plein d’autres choses toujours sophistiquées, tout de suite :

Vesuvio Solo est donc le projet pas solo du canadien Thom Gillies, ex-membre du groupe canadien Tops, puisque monté avec son comparse canadien Cameron MacLean. Amis depuis leur rencontre dans un lycée au CANADA (on est lourd, on le sait, on aime ça), leur symbiose musicale actuelle a semble-t-il pour point de départ des après-midi de jeune connivence sur guitare neuve autour de riffs de Limp Bi… Ah non, selon le dossier de presse, c’est des riffs de Van Halen. Normal, chacun son adolescence.

Deux ans après le premier album du duo, Favors, qui contenait déjà des petites perlouzes bien moellouzes, ils reviennent donc avec leur joli projet, toujours très référencé, mais davantage « tenu », « resserré », « moulécommedansunjeanslim », etc.  Au programme : une production très actuelle pour un son chaud et agréablement vivant, une construction mélodique intemporelle ainsi qu’une palanquée de petits détails soniques qui donnent vie à leur univers, et envie d’avoir bon goût. C’est à dire d’apprécier sincèrement et une bonne fois pour toutes les solos de saxophones. Car oui, c’est la classe les solos de saxophones, bordel.

ET HOP l’album dans son intégralité, comme un long cheveu souple et brillant sur la soupe de l’indie rock contemporain :

Continuons dans le commentaire enthousiaste en vous disant que l’on adore l’entêtant et nostalgique “Mirror Held to the Flower” (la preuve dans notre bichoune compilation du mois d’octobre). Mais il y a aussi “Memory Loss” et son solo de flûte traversière qui nous évoque un thé à la papaye dégusté un matin sur une terrasse surplombant un paysage extrêmement dépaysant, et d’autres mots contenant des « p » et des « y », alors qu’il n’en existe pas beaucoup, c’est dire. Pour parler encore et toujours de solo, mentionnons le morceau final “Nimbus” et son saxo qui nous fait rentrer tranquillement à la maison dans un ascenseur tapissé de moquette psychédélique.

Un disque qui vous fera d’ailleurs certainement penser “c’est bien ça, il est à qui ce vinyle ? Ah mais c’est vrai, je n’ai pas de platine. Je viens juste de cliquer sur le lien soundcloud ci-dessus”.

Pour ne plus jamais vous sentir seul dans vos ballades nocturnes – et vos pensées aléatoires – vous savez désormais quoi faire. Et pour ceux qui peuvent pratiquer le lever de vinyle vers soleil couchant (on adore ce sport nous aussi) c’est par ici (150 ex., donc on se bouge). En parlant de bouger, le groupe joue à Paris pour les 8 ans du label Atelier Ciseaux ce lundi 10 octobre au Supersonic. Si on vous avait dit il y a 10 ans que vous pourriez voir un groupe Canadien de soft-rock chiadé pour le prix d’une pinte, et que cette pinte en plus vous pourriez la boire, qu’est ce que vous auriez répondu ? Hein ? VOILÀ.

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Le groupe joue également le lendemain (mardi 11 octobre) au Sonic à Lyon : l’event facebook.

Vesuvio Solo