Interview de Turnbalism | après PWFM, avant MOGA

Il y a déjà quelques mois, on vous présentait PWFM, « la première communauté électronique collaborative et participative » (par ici l’interview). D’abord un phénomène viral avec ses milliers de membres, puis une webradio, deux événements et même un premier disque : Pas-Weather fait son petit bout de chemin, recueillant sur son passage des pépites musicales et de nouveaux talents. Certains d’entre eux ont même eu l’occasion de passer des ondes aux platines grâce aux concours proposés par PWFM. Après le Prologue (à revivre ici avec le report photo de la team), c’est encore au 6B que PWFM002 s’est installé, avec cette fois un nouvel enjeu : envoyer le grand gagnant à la première édition du Moga Festival, dédié au dialogue entre musiques actuelles et culture gnaoua dans les décors de Game of Thrones au cœur de la ville d’Essaouira.

8 mixes parmi plus d’une centaine de participations ont été sélectionnés par le jury. Les critères : « la technique, les transitions, la sélection, la cohérence du set, et la cohérence avec le style et la prog’ du Moga Festival ».

8 performances de midi à minuit, et après délibération, un heureux élu : Turnbalism.

Par son univers musical singulier, entre sonorités électroniques et inspirations africaines, il a su séduire le jury et les piwis venus danser les pieds dans le sable au 6B. Un choix presque évident car, outre la qualité de son travail, Turnbalism partage les mêmes valeurs que PWFM et Moga : révéler et croiser les cultures, musiques ou talents venus d’ici et d’ailleurs, propager la joie, l’amour et la bonne humeur !

Pour le re-découvrir, on pose là son set ensoleillé et l’interview qu’il nous a accordée avant son départ pour le festival :

Qui est Turnbalism ?

 

Peux-tu nous raconter ton parcours, et comment ton identité musicale s’est forgée ?

Moi c’est Lucien, j’ai 23 ans, j’ai commencé à mixer chez un ami il y a 4, 5 ans. Mais je vais commencer par le commencement.
Tout d’abord, je dois beaucoup à mon père qui me fait baigner dans la musique depuis que je suis gamin. Il m’a fait découvrir un tas de musiques de partout dans le monde, ce qui a facilité mon éducation musicale personnelle. Tout en continuant d’écouter du jazz, du highlife, le mouvement tropicaliste du Brésil, et tant d’autres, j’ai découvert les musiques électroniques. Je me suis d’abord beaucoup intéressé à la scène française puis j’ai rencontré les sonorités électroniques de Detroit, Chicago, New York, mais aussi Berlin. J’ai trouvé cela fascinant.
Après un parcours scolaire assez chaotique et un bac L raté haut la main, je décide de partir en Afrique du Sud. Je voulais découvrir autre chose, me changer les idées. Ce voyage a été un déclenchement pour moi. J’ai découvert sur place une musique que je n’avais entendue nulle part ailleurs et qui me ressemblait profondément. J’étais également ébahi de voir que cette musique était celle du peuple, et qu’elle touchait tout le monde. Très vite je n’étais plus étonné de voir un jeune enfant tout comme une vieille femme danser sur cette musique étonnante. Il s’agissait en fait de musiques traditionnelles, mélangées à des sonorités beaucoup plus neuves et électroniques.
Après six mois de découverte, je suis rentré à Paris avec pour seul but en tête de faire partager ce que j’avais découvert sur l’autre hémisphère. C’est donc naturellement que je suis devenu DJ, le meilleur moyen pour moi de faire entendre la musique que je souhaitais mettre en avant.
Aujourd’hui, Turnbalism s’est fait une petite place sur Paris et en France. Même s’il est beaucoup plus dur de faire vivre mon projet seul qu’à travers un collectif ou une association, je commence à jouer assez régulièrement.

Un morceau qui te définit bien ?

« Disco Hi-Life » d’Orlando Julius est un morceau que mon père m’a fait découvrir enfant. Je l’utilise beaucoup pour clôturer mes sets.

Turnbalism et PWFM

 

Comment en es-tu venu à participer au concours PWFM ?

PWFM, je ne connaissais finalement que très peu. Je suivais de loin ce qu’ils faisaient. C’est en tombant sur leur événement du 6B proposant un concours que je me suis dit : pourquoi pas envoyer un mix, ce serait chouette de se confronter à d’autres djs, de voir finalement ce que tu vaux auprès de gens qui ne te connaissent absolument pas. Et finalement, de fil en aiguille, après avoir été sélectionné avec neuf autres parmi plus de 150 mixes envoyés, j’ai joué au 6B un dimanche après-midi. J’ai mixé ce que j’ai l’habitude de faire. J’ai passé un bon moment, j’ai pu rencontrer la team PWFM avec qui j’ai échangé un peu. Et puis au bout du compte, après avoir appris que quelqu’un (Sam x Sam) avait été sélectionné pour partir au Maroc, puis finalement qu’il n’était pas disponible, Koddi de PWFM m’a envoyé un message me disant qu’il avait une bonne surprise pour moi. Royal !

Un morceau que tu as passé au 6B ?

Ce morceau sorti cette année marche à chaque fois, il correspond assez bien à la musique que j’aime jouer.

Turnbalism et MOGA

 

Tu as eu la chance d’être le grand gagnant de ce concours. Quelles sont tes premières impressions sur le Moga Festival ?

Le MOGA, je m’étais déjà un peu renseigné dessus. Leur programmation me plaisait beaucoup : des artistes que je connais, d’autres que j’écoute beaucoup et une scène locale qui m’interpelle. Je suis ravi de pouvoir partir là-bas, dans ce cadre magnifique (que j’ai déjà eu la chance de visiter par le passé). Je ne prévois jamais mes sets, on verra en fonction du public, de l’environnement. Ce petit séjour va être très enrichissant pour moi, j’espère y faire de belles rencontres.

Un morceau qui illustre pour toi l’ambiance de ce festival ?

Le soleil, danser les pieds dans le sable. Ce morceau est très joyeux, et c’est ainsi que je me sens à la veille du départ pour le Moga Festival!

Les projets de Turnbalism

 

PWFM permet de mettre en avant les nouveaux talents. Ça t’a permis de jouer au 6B, bientôt à Essaouira, mais quelles sont tes ambitions ?

Je suis actuellement dans une école de musique, je développe la production depuis peu. J’aimerais pouvoir sortir un EP durant l’année, mais je ne presse pas les choses. J’ai déjà quelques dates de prévues au retour du Moga. Cette année j’ai eu la chance de jouer dans d’autres endroits que Paris : en France, mais aussi à New York, bientôt au Maroc. J’espère arriver à voyager un peu grâce à la musique !

Un morceau que tu as produit ?

Une de mes premières productions, qui devrait sortir sur un petit label du sud de la France dans le courant de l’année.

Et la question traditionnelle du Limonadier : si tu étais une boisson… ?

Je serais de la ginger beer, sans hésiter.

Turnbalism
, talent à suivre de près donc, jouera le jeudi 13 octobre, pour la soirée d’ouverture du Moga Festival, de 18h à 20h !
Il reviendra des souvenirs plein la tête et des photos plein les pellicules pour nous faire revivre son expérience outre-méditerranéenne.

 

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