Interview et portrait de Binny, avant PWFM003

Il y a maintenant un an, on vous présentait PWFM, « la première communauté électronique collaborative et participative » (par ici l’interview). La communauté grandit et continue de faire vibrer les ondes sur la radio, multipliant les découvertes de jeunes talents, les tremplins, les podcasts, et même les soirées au Fluctuat Nec Mergitur place de la République.

Pour son prochain événement – le premier en format nuit – PWFM investit le Glazart avec ses résidents Manka et Koddi, le gagnant du concours-tremplin, et met en avant des artistes rarement présents à Paris : le mystérieux duo suédois SHXCXCHCXSH, et l’anglais Binny, à la techno aiguisée. Certains l’ont peut-être vu lors de sa première venue en mai dernier à la soirée parisienne Possession ; ceux qui l’ont raté auront l’occasion de le découvrir ce samedi 4 mars pour PWFM003 : Mars attack!

En attendant, focus sur cet artiste discret mais bel et bien affirmé avec une petite interview et un portrait chinois, pour un tour d’horizon musical !


 

 INTERVIEW

Cela fait maintenant quelques années que tu produis, avec des sorties remarquées chez Orbis Records, Suburban Avenue, Monnom Black ou encore CLFT Militia… tout en restant assez discret ! Peux-tu nous raconter un peu ton parcours ?

Mon amour pour la techno s’est déclenché il y a maintenant 15 ans aux soirées Voodoo, Bugged Out et T-Funkshun à Liverpool. Après ça, il n’y avait plus de retour en arrière possible pour moi. J’ai fini par lancer quelques événements technos (Alcatraz et Rehab) avec John Heckle et son frère Bill : que des bons moments, et ça n’a qu’attisé mon envie de faire de la musique. Malgré ça, j’ai commencé à produire il n’y a que 6 ans, lorsque j’ai déménagé et aménagé un studio où travailler.

Puis Orbis records a été le premier label techno à remarquer et prendre position pour ce que j’essayais de créer, je suis sincèrement reconnaissant envers Dries (qui gère le label) pour m’avoir donné la chance de faire entendre ma musique à une plus large audience. On a beaucoup d’affinités musicales, en particulier avec la techno oldschool, qui va droit au but, sans fioritures. Je crois que c’est la principale raison pour laquelle j’ai à ce jour 4 EPs sur ce label, et d’autres encore, j’espère!

Pour situer ton univers, quelles sont tes influences et gigs les plus marquants ?

Mes influences aujourd’hui sont très variées. J’ai toujours viscéralement aimé la musique de Jeff Mills et Robert Hood, et je pourrais dire qu’ils sont mes influences majeures, mais je suis aussi un grand fan de Regis, James Ruskin, Oliver Ho, Ben Sims, Steve Rachmad, et plein d’autres encore.

C’est difficile de choisir des nuits ou dates en particulier, ce sont toutes des expériences différentes et spéciales à leur manière. J’ai sans aucun doute adoré jouer à Paris la dernière fois, alors j’ai hâte d’être à l’événement de PWFM !

Quels sont tes projets actuels et futurs ?

En ce moment, j’ai quelques EPs terminés et d’autres en cours (+ quelques remixes !). J’ai été pas mal occupé au studio l’année dernière, mais le seul que je puisse annoncer avec certitude pour l’instant est l’EP « Devil’s Orchestra », prévu en mars chez Tortured. Je suis vraiment ravi de sortir un EP sur un label aussi ancien et légendaire que celui de Billy Nasty.

Mark Forshaw, John Heckle et moi-même avons récemment lancé notre label Boss Tracks pour nos sorties, comme avec Phantom Planet Outlaws. C’est quelque chose qu’on était censés faire depuis longtemps, et comme une grande partie de la techno est quelque peu sombre et sérieuse de nos jours, on a essayé d’injecter une touche plus légère à nos productions, avec des artworks de bande-dessinée sur chacune de nos releases. On n’est pas encore sûrs de ce qu’on va faire pour notre seconde sortie, mais on a beaucoup d’unreleased dans nos live sets qui pourraient être compilées en un EP, alors restez à l’affût!

Tu joueras donc pour la deuxième fois à Paris, où la musique électronique est en pleine effervescence… mais la scène anglaise, comment se porte-t-elle ?

Ma ville natale, Liverpool, avait une scène techno fantastique avant d’être éclipsée par des villes comme Manchester ou Birmingham, qui de nos jours accueillent des soirées vraiment dingues. C’est formidable de voir de bons clubs comme House of God tenir bon, et j’ai eu la chance d’aller aux Q Club, Orbit et Voodoo avant qu’ils ne ferment.

La techno semble avoir connu un second souffle ces derniers temps, et il y a de nouvelles soirées naissant sans arrêt – je pense que c’est une bonne époque pour la techno en Grande-Bretagne. Je ne suis pas booké si souvent que ça là-bas – et c’est peut-être grâce à CLFT que j’ai davantage l’occasion de jouer en France, ce qui ne me pose aucun problème car le public a toujours été très réceptif à ma musique. C’est pour cette raison que je suis réellement impatient de jouer à nouveau à Paris !

 

PORTRAIT CHINOIS

Si tu étais…

  • Le premier morceau auquel tu penses

    Difficile, mais si j’avais à choisir ce serait probablement celui que j’ai le plus souvent joué ces dernières années : Jeff Mills – Step to Enchantment. C’est très entraînant, avec une énergie brute qui ne rate jamais sur le dancefloor.

  • Une masterpiece

    Robert Hood – Minus. Il est l’un des rares à pouvoir faire d’un morceau de 6 minutes dépourvu de drums intéressant du début à la fin.

  • Une récente releasePsi-DOM – Ars Nature Ministra on Falling Ethics.

    Sa polyrythmique hypnotique et ses riffs fous font que je risque désormais de la jouer souvent !

  • Une de tes productions

    Si j’avais à choisir, ma track favorite est (c’est peut-être surprenant) Minimise, sur mon 3e EP chez Orbis. C’est plus deep et minimaliste qu’un tas de choses que je fais, mais je crois que j’ai réussi à atteindre à certain degré de subtilité avec cette track que je trouve normalement difficile à réaliser.

 

  • Une ville française pour la musique

    Je dois répondre Paris, non ? Ahah. Plus sérieusement, la dernière fois à Paris a été incroyable, mais j’aurais quand même toujours de fortes affinités avec Lyon, maison de CLFT, et j’y ai joué lors de superbes soirées également.

  • Une ville anglaise

    Manchester. Il y a de la bonne techno absolument tous les weekend là-bas !

  • Une ville de n’importe où dans le monde

    Détroit – là où tout a commencé. Je n’y suis jamais allé, mais j’espère visiter un jour le DEMF, ça doit être une expérience incroyable.

  • Une ville pionnière

    Berlin… cette ville ne dort jamais. Les gens semblent vivre et respirer techno !

  • Un label

    Je dois dire Trésor, étant le label qui a largement diffusé la techno de Détroit en Europe. Son rôle est tout aussi important de nos jours, certaines des dernières releases de Joey Beltram, Surgeon, Eddie Flashin’ Fowlkes etc, sont non seulement mes préférées, mais probablement certaines des meilleures productions techno jamais sorties.

  • Un club

    Difficile question là aussi, et j’imagine que la plupart répondrait Berghain. Je n’y suis jamais allé, mais c’est dans ma liste d’endroits à visiter… alors disons ça !

  • Un festival

    Le festival où j’aimerais le plus me rendre en Europe est le Dekmantel, ils sont de sacrément bons line-ups !

  • Une machine

    J’adore ma Roland TR-909. C’est sincèrement assez incroyable comme elle incarne des générations de techno et ses sons sont toujours entendus absolument partout jusqu’aujourd’hui.

  • Un B2B

    J’aime beaucoup jouer avec Mark Forsham et John Heckle, on aime tous le même type de musique alors il y a toujours un bon flow dans nos sets en b2b.

  • Un line-up parfait

    Jeff Mills, Robert Hood, Underground Resistance, Steve Rachmad, Surgeon, Regis.

Merci Binny !

Facebook
Soundcloud

 

Plus d’infos sur l’événement

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here