Indie rock, soleil & potes : le guide du parfait « barbrockyou »

Même s’il n’est peut être pas encore l’heure pour tout le monde de faire péter les tongs et les slips de bain (oui, cette phrase est empreinte d’une pointe d’amertume et de jalousie envers vous, LES SUDISTES), on peut enfin affirmer que la meilleure partie du printemps a désormais commencé : celle des barbeucs entre potes bien sûr ! 

Alors si, comme certains d’entre nous, tu ne veux plus passer ton samedi tout seul dans ton 16m2 alors que le soleil brille dehors, tout ça à cause d’une sombre histoire de playlist avec du post-punk un poil trop bourrin autour d’une saucisse grillée, on a ce qu’il faut pour arranger ça. C’est-à-dire une petite liste non-exhaustive pour toi, le fan de rock qui n’envisage les moments de convivialité que sur fond de basses, de batteries et de guitares, et qui souhaite malgré tout entretenir des relations sociales saines et épanouies. Avec des morceaux qui fleurent bon le soleil et la facilité donc, et qui sauront, à notre avis, te réconcilier avec tes amis. Tu y trouveras du surf-rock, du rock psyché, un peu de lo-fi, le tout mâtiné de décontraction estivale très anglo-saxonne… Bref, de quoi bien se dorer la pilule pépouze, une bière à la main, pour un « barbrockyou » idéal.

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Orange Juice – « Falling and Laughing »

On ne pouvait pas décemment faire un top sans caler un petit son new wave-80s, parce que oui, c’est possible de glisser du post-punk qui passe pépéro (et du coup de ne pas se faire ostraciser du groupe, cf. plus haut). Et peut-être même que ton pote le plus insensible à ce genre te lâchera un “eh beh, funky cette ligne de basse dis donc” (bon ok, peut être pas, mais ça se tente), et auquel tu pourras répondre d’un ton détaché “ouais c’est un petit track d’un groupe glaswégien des années 80 j’sais pas si tu connaaaais”. BAMBOOZLED, ils n’auront rien vu venir.

 

Los Porcos – « Do You Wanna Live »

Ton pote auto-proclamé maître des flammes est en pleine galère sur le BBQ qui prend pas, tout le monde commence à avoir faim, c’est donc le moment de mettre un petit coup de pression. Pourquoi pas avec Los Porcos, projet de 3 anciens de WU LYF (RIP en paix): un petit mélange de yacht rock et de disco-funk bien sympathique, de quoi recouvrir le bruit des ventres qui gargouillent avec des sonorités bien groovy comme on les aime. Bonus: quand master-chef te demandera le titre du morceau, tu pourras lui lâcher un petit “Do You Wanna Live” de manière passive-aggressive. De quoi foutre la bonne ambiance, donc.

Sierra Manhattan – « Sunless Days »

Il est temps de commencer les choses sérieuses et d’attaquer les 4 merguez et 2 champignons en équilibre instable dans l’assiette en carton qui repose sur tes genoux. Tout le monde est trop concentré sur sa bouffe pour se parler ou choisir un son : c’est ton moment d’hijacker le bluetooth de l’enceinte que ton pote monopolise depuis 45 minutes. Un peu de surf-rock pour transitionner en douceur avec les lyonnais de Sierra Manhattan. Ne pas se fier au titre, « Sunless Days » respire le soleil et donne bien envie de se décapsuler une petite bière fraîche.

 

Cosmo Pyke – « Chronic Sunshine »

Le londonien Cosmo Pyke va mettre la bonne ambiance direct avec son mélange de jazz, hip-hop, lo-fi et blues, de quoi se dandiner tranquillement sur le gazon avec ses potes. Tranquillement parce qu’il fait encore jour, quand même. Ce serait malheureux de griller ton coup avec le cousin de Julien sur qui tu flashes depuis que tu l’as vu arriver tantôt, sa longboard sous un bras et un pack de 8 sous l’autre, tout ça parce que tu as perdu le contrôle de ton corps en écoutant « Chronic Sunshine ».

 

Get Inuit – « Teriyaki »

On continue l’aprem avec « Teriyaki » du quatuor survolté originaire du Kent. Get Inuit font de la dirty pop, de quoi mettre la patate en ces temps ensoleillés, peut-être même assez pour se taper une deter et commencer un petit foot (ou rester allongé dans l’herbe, des fois ça vaut mieux que de tenter un petit pont et de se prendre ses propres jambes dans l’action. On pose ça là).

 

Vundabar – « Holy Toledo »

Un peu d’indie surf avec Vundabar et « Holy Toledo », track de 2012 fort propice au chill printanier. Ces petits riffs bien cools sont la parfaite excuse pour prolonger ton déni des exams pour quelques minutes encore, voire quelques heures, voire même accepter l’échec scolaire total et tout lâcher pour partir faire du rock-garage à Boston. Et devine quoi ? Ils sont en tournée en France en juin, c’est l’occasion ou jamais de tenter ta chance et de t’incruster dans le groupe.

 

Rex Orange County – « Sunflower »

C’est la fin de la ripaillade et l’heure de la sieste ? Pas de problème, l’anglais Alex O’Connor aka Rex Orange County est là pour toi. Avec des influences jazz, surf-rock et hip-hop, « Sunflower » est une ode optimiste à l’amour et du coup, ça sent bon les fleurs, voilà. Peut être même vas-tu te sentir pousser des ailes, te motivant à tenter une approche de la dernière chance vers ton crush alors que l’aprem touche doucement à sa fin. Sinon, tu peux juste ouvrir tes écoutilles, te mettre en position inclinée et profiter du soleil, ça marche aussi.

 

Spectrals – « I Ran With Love But I Couldn’t Keep Up »

Mais à la fin, le printemps vous rattrape. Le soleil se couche, les exams se terminent, les bacs se passent, on organise une journée haut chic / bas choc au bahut pour marquer les esprits des plus jeunes, on picole beaucoup trop, Annabelle vous plaque parce que ses parents attendent beaucoup d’elle en prépa l’année prochaine (de toute façon elle part bosser deux mois à Miami, “c’est plus pratique de faire ça maintenant”) et puis, sans crier gare, l’été arrive. Prometteur, enthousiaste et incertain, il nous cueille dans l’espoir d’un avenir meilleur (ou au moins une rentrée sans Rodolphe pue-le-prout comme voisin de bureau). Alors pour vous accompagner en douceur dans ce merveilleux été qui s’annonce, on vous balance les Spectrals et leur titre « I Ran With Love But I Couldn’t Keep Up », parce que, comme ils disent: “Perhaps it’s for the better”.

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