LIM(B)O #1 | House Dance dans la capitale !

house dance

Vous êtes certainement habitués à nos articles et interviews tournant autours d’artistes, de labels, de soirées… Mais aujourd’hui, nous avons voulu explorer une autre face de la musique « live », qui ne nous semble pas suffisamment abordée dans les médias musicaux… Et il s’agit de la DANSE ! Comme l’un va rarement sans l’autre, on s’est dit qu’il était temps de lui laisser une place au sein du Limonadier. Voici donc le premier article de notre série LIM(B)O dédiée à la danse sous toutes ses formes. Et comme vous savez à quel point on adore ce genre, coup de projecteur sur la House Dance ! Et sa pratique dans nos chers clubs de la capitale. Cheers.


Peut-être avez-vous déjà vu en soirées House des danseurs à l’écart de la foule, en petit comité. Vous les avez certainement trouvés fascinants avec leur énergie débordante, leurs mouvements incroyables et leur cardio inépuisable. En guide de piqûre de rappel, ou pour vous faire découvrir cet incroyable style de danse, on vous invite à visionner la vidéo ci-dessous (bonus : ce morceau de Demuja porte justement le nom d’un pas de danse « House »).

Cette vidéo regroupe plusieurs vidéos de battles et soirées House des années 90. Car en effet, avant d’être amenée dans nos clubs favoris et sur les beaux parquets des écoles de danse (surtout parisienne), la House Dance est née à New York et à Chicago dans le milieu underground, tout comme la House music. Surprenant n’est ce pas ? 😉

Afin de faire un état des lieux de cette culture à Paris et à notre époque, nous sommes allés à la rencontre de Janet, Abdelock et Nadéeya, danseurs House rencontrés au 104, fameux lieux culturel et multi-disciplinaire du nord-est de Paris, où l’on trouve des espaces libre à disposition des danseurs. On leur a donc posé quelques questions sur cet univers qui est le leur…

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Pourquoi, parmi toutes les danses qui existent, avez-vous choisi la House Dance ? Quel est votre lien avec cette musique ?

Janet : Je me suis instinctivement dirigée vers ce style de danse car j’écoutais de plus en plus de House Music et je fréquentais régulièrement les clubs parisiens. Pour quelqu’un qui a fait de la danse toute sa vie, en passant du classique au Hip-hop et du modern au contemporain, les pas de House me venaient naturellement en regardant des House Dancers. C’est une énergie et une attitude avant tout ! Je trouve que cette danse est libératrice et créatrice, car contrairement aux autres elle n’a pas de règles : tous les styles de danse peuvent se mélanger tant que le rythme est respecté.

Abdelock : Mon rapport avec la House Dance est avant tout sa sonorité. Même si j’aime beaucoup le Hip-hop, je me suis spécialisé en House car c’est une musique qui me parle. Elle a une vibration particulière puisqu’elle s’associe avec plusieurs diversités musicales (on peut avoir de l’afro, du disco, de la salsa…). Et puis la gestuelle m’a directement plu. J’ai découvert la House grâce au clubbing. Avant je faisais du Hip-hop Newstyle, et je ne connaissais rien à cette culture. On m’a conseillé d’aller en club, puis de fréquenter des battles House. A partir de ce moment là, j’ai vraiment été confronté à cette culture, où les danseurs se lâchent complètement. C’est une danse basée sur l’échange, où personne ne jugera ta façon de danser. Désormais la House dance est devenue plus codifiée qu’avant (avec des pas de base), mais elle reste avant tout une danse libre.

Comment trouvez-vous vos sons pour danser ?

Janet : J’ai beau avoir faire de la danse toute ma vie, je suis avant tout dj et par conséquent diggueuse ! Je recherche donc des sons tous les jours et je suis également beaucoup les actus du milieu musical et de la fête. En revanche, tous les sons que je choppe ont un point commun : ils doivent me faire danser ! C’est pour ça que tous mes sets dégagent une atmosphère très chaleureuse et groove.

Tu peux me croiser en club en train de danser comme une démente, mais si tu jettes un coup d’œil à ma main droite, tu verras mon portable avec Shazam ouvert et bien actif (rire).

Abdelock : Même si je fais des recherches de sons sur Soundcloud et Youtube, c’est l’application Shazam qui m’aide à découvrir pleins de nouveaux morceaux et d’artistes. Personnellement c’est vraiment les sonorités à la « Kerri Chandler » qui me touchent.

Pourquoi croise t-on si peu de danseurs dans les soirées à Paris ?

Abdelock : Tout est une question de génération ! Avant c’était une danse authentique, les gens dansaient pour le kiffe et l’amour de la musique. Les danseurs souhaitent progresser, non pas pour faire des battles (comme aujourd’hui), mais pour prouver ce dont ils étaient capables en club, pour leur propre plaisir. De nos jours, les jeunes danseurs ont besoin d’avoir une sorte de reconnaissance. Tu les trouveras ici au 104, où ils s’entraîneront beaucoup pour ensuite faire des battles, mais tu ne les verras jamais en club. Alors que les anciens, fréquentent les clubs tous les week-ends. Ils ont gardé cet aspect underground qui se perd petit à petit.

Janet : Je pense que certains danseurs ne se rendent pas en club à cause des mauvaises conditions. Ils savent pertinemment : que l’endroit va être trop blindé et qu’ils seront frustrés de ne pas pouvoir pleinement danser ; que les gens seront trop bourrés et défoncés, ce qui veut dire de la bousculade et des verres renversés ; et que en effet cette génération de fête n’est plus une génération de danse. Mais bon personnellement aucun de ces éléments me refroidissent pour sortir et danser ! Tu peux retrouver de la bonne musique en entrainement et en battle, mais certainement pas la même énergie qu’en soirée.

Quels clubs et quelles soirées fréquentez-vous quand vous voulez danser ?

Nadéeya : Ça a toujours été le Djoon (NLDR: on est d’accord) ! Mais maintenant de plus en plus de lieux passent de la très bonne House : la Bellevilloise, le Garage, la Java, le Nouveau Casino… Désormais le Djoon s’est approprié le côté « groovy » du truc.

Abdelock : Oui tous ces clubs sont très bien. Mais je rajouterais à la liste le Rex : c’était quand même à l’époque le tout 1er club a passer de la House à Paris. On va également choisir les clubs selon leurs programmations et ainsi suivre les artistes qu’on aime. Surtout que beaucoup de djs sont des anciens danseurs qui mixent et participent au développement de cette culture. Malheureusement les gros clubs ne leur donnent pas suffisamment de chance. Si on veut que la culture House Dance perdure et que les gens s’y intéressent, il va falloir investir du temps et la mettre un peu sous les projecteurs. Comme ce que vous faites maintenant…

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Même si la House Dance est légèrement sortie des clubs (et ainsi nous prive d’un beau spectacle les week-ends !), elle est désormais reconnue dans la culture Hip-hop et underground. Sa pratique compte de nombreux danseurs bien sur, mais aussi des battles, cours, vidéos, et on en passe. Elle a ainsi amené la House music dans des lieux et des établissements qui étaient inimaginables il y a encore quelques années. Espérons juste que la nouvelle génération de danseurs devienne, à l’instar de leurs anciens, davantage attirée par les clubs, ou que les soirées s’adaptent à ce public particulier. Un bon concept à approfondir…

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Pour voir de la House Dance :

Vous pourrez voir de la House Dance dans tous les clubs cités dans l’interview, mais surtout et avant tout au 104. Ce lieu magnifique où toutes danses et autres pratiques culturelles se mélangent dans un bel esprit de création.

Pour prendre des cours :

Les danseurs interviewés nous ont conseillé : le Juste Debout School, le Studio Bleu et le Studio MRG. N’hésitez pas également, à demander directement à des danseurs s’ils donnent des cours et où ils s’entrainent.

Pour kiffer une fois par an :

On vous conseille (encore et toujours) le Suncebéat festival.

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