HNNY – Sunday LP

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On vous parle aujourd’hui du dernier album du producteur HNNY, sorti début juillet 2015 sur le label Omena Records, et qui se détourne ici un peu de sa House vitaminée habituelle pour aller vers des paysages sonores plus posés.

Le suédois propose en effet avec Sunday un album lumineux et doux, comme un lever de soleil après une nuit de 18h. Flirtant beaucoup avec le Downtempo de la fin des années 90, il nous rappelle effectivement les sonorités de certains artistes du fameux label Ninja Tunes de cette époque (Bonobo ou encore DJ Vadim, pour ne pas les citer). Influences qui n’empêchent pas aux styles et aux ambiances de varier tout au long du disque, passant de rythmiques jazzy à des synthétiseurs aériens, de la bossa nova au funk, tout en jouant sur l’utilisation alternée de samples et de véritables instruments.

Les dix titres de l’album, assez rectilignes et répétitifs dans leur construction, peuvent être appréhendés subjectivement comme des boucles mélodiques et rythmiques formant des mantras musicaux à destination de l’intimité de l’auditeur. Les morceaux ne sont bien sûr pas dénués de breaks, mais ceux-ci aèrent le tout de façon très naturelle, et restent dans la continuité de ces petits bouts de voyages, où l’on ne s’arrête presque jamais.

En parlant de voyages et de subjectivité, chacun de ces morceaux nous ont bizarrement rappelé des instants un peu particuliers, où l’on se revoit en train de se rendre quelque part, en mouvement, et nous permettent de saisir à nouveau les minuscules bouffées de liberté ressenties dans ces moments. Comme des pauses dans le temps volées à nos quotidiens rythmés, où nos attitudes et nos pensées virevoltent. Et nous étonnent parfois.

Vous arrivez à visualiser ? Attendez, on vous aide un peu :

“Sunday”:

Vous venez de sortir de chez vous et vous marchez. La rue semble beaucoup plus calme et paisible que d’habitude, les gens vous paraissent sympathiques, le mouvement de la ville en harmonie avec votre rythme intérieur. Une bouffée de chaleur monte en vous. Un pigeon ébouriffé prend un bain dans le caniveau et ça vous fait rigoler.

“Cheer up, my brother”:

Vous êtes dans la voiture familiale, vous êtes très jeune et c’est le matin. Pas vraiment réveillé, vous vous isolez avec votre walkman K7 où tourne en boucle le morceau porcelain” de Moby. Vous prolongez votre bulle de rêve encore un petit peu en regardant par la fenêtre, amoureux mais sans savoir encore de qui. On vous parle mais vous n’entendez pas.

“You Feeling alright”:

Vous faites du vélo et vous dansez en même temps. Le rythme vous emporte, vos mouvements se calquent sur la musique, et hop, petits sauts, freinages… Vous gérez la street, un ouf. Vous hochez la tête, lâchez le guidon, et mimez des percussions. On dirait un peu un gogol de loin, mais c’est pas bien grave.

“Memory Tape One”:

C’est la fin d’après midi et vous êtes dans un TER assez vide, un rayon de soleil passe par les vitres et vous réchauffe la peau. Les collines vertes défilent, douces et moelleuses, vous avez envie de courir dessus à la même vitesse que le train. Un sentiment de mélancolie vous traverse, il ne dure pas.

“There is no one else”:

Il fait nuit, vous vous trouvez dans un bus pour vous rendre à une soirée. Encore seul, vous vous sentez excité, pressé de vous immerger dans du son. Vous ressentez un fort besoin de vous défouler et de vous évader en même temps. Une légère et inexplicable boule de rage au ventre.

“Sylvia”:

Sur le siège arrière d’une voiture pendant un voyage entre amis, c’est l’été et les paysages que vous traversez sont magnifiques. Le conducteur a le bon goût de mettre à ce moment là un morceau de Board of Canada, vous sortez un bras par la vitre baissée, contemplez ces couleurs inhabituelles dans le ciel, tout va bien.

“Memory Tape two”:

Sur le même siège du même véhicule, vous commencez à vous endormir. Vous entendez des bruits qui vous sont familiers, mais vous êtes trop fatigué pour les distinguer. Peut être que vous dormez déjà profondément, en fait.

“Eagles House”:

Vous rêvez maintenant. Vous chevauchez une belle moto sur coussins gravitationnels. Vroum vroum dans les airs vous survolez un océan de dragibus. Concentrés sur la vitesse et les couleurs qui défilent, vous ne voyez pas encore ce dauphin géant qui navigue pourtant a vos côtés depuis le début.

“My Baby”:

Vous êtes dans un avion qui décolle, le nez rivé sur le hublot comme à chaque fois. Vous vous dites “c’est bizarre les nuages” (comme à chaque fois). Autant libre qu’enfermé, vous commandez une mini bière. Vous êtes mini bourré. Vous vous dites que la vie, et cet album, passent un peu trop vite.

Vous le relancez.

 

Pour conclure : Sunday est pour l’instant un de nos albums préférés de l’année 2015, mais ça, vous l’avez peut être déjà compris. Vous pouvez pécho le vinyle par ici.