Petit focus sur le générique du festival de Cannes

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Les gars sûrs du Festival montant les marches. Tellement wild wild west.

Pendant plusieurs semaines on a eu d’yeux que pour le Festival de Cannes. Les stars par ici, les palmes d’or par-là. Nombreux sont les paparazzis qui ont scruté la montée des 24 marches du Palais des Festivals de Cannes et son tapis rouge, sur la Croisette du 17 au 28 mai derniers.

Au Limo, parce que la musicalexicomatisation de la société c’est notre dada, on s’est penché sur la bande son du festival, métonymie musicale et lyrique de cet événement mondialement connu. Ensemble, apprenons-en donc plus sur « Aquarium », ce morceau tellement écouté qu’il semble désormais passer inaperçu. 


Avant chaque projection de film, membres du jury et spectateurs d’infortune ont droit à ces petites notes d’introduction :

Il s’agit du générique sonore du festival, qui n’a pas bougé depuis sa 43ème édition, en 1990, présidé à l’époque par le scénariste et réalisateur italien Bernardo Bertolucci. Italien donc, tout comme ne l’était pas celui à qui nous devons ce générique : Camille Saint-Saëns (celui qui trouve comment prononcer ce nom gagne une photo d’écureuil dédicacée par un lapin) dont l’une des pièces musicales se trouve être « Aquarium », extraite de son œuvre Le carnaval des animaux (1886). A la base, Saint-Saëns a composé cette suite musicale pour orchestre à l’occasion du Mardi Gras de l’année 1886, pendant le Carnaval de Paris. Situé entre les mouvements « Kangourous » et « Personnages à longues oreilles », « Aquarium » (mouvement VII) est une transition magique entre le réel du carnaval et l’univers du conte de fées, de la parade animalesque.

L’harmonica de verre, avec ses bols de cristal, nous entraîne dans les bas-fonds de ce pays imaginaire. Un pays où scintillent strass et paillettes, le pays du Festival de Cannes. Drôle de hasard, alors que défilent sur le tapis rouge certaines des plus grandes vedettes du pays hollywoodien sous le crépitement des appareils photos, vêtues parfois de tenues des plus… carnavalesques.

L’actrice et chanteuse chinoise Fan Bingbing en 2011 – Image Oh My Mag

Car l’univers cannois, c’est aussi le rendez-vous du glamour, du sensuel, du raffinement vestimentaire et surtout du songe. Tout ce vers quoi nous entraîne les notes éthériques d’« Aquarium » qui portent l’ambiance du festival à son climax, touche indispensable à sa mise en lumière.

La mannequin et actrice éthiopienne Liya Kebede en 2015 – Image E News

 

 

 

 

Bien plus qu’un générique, cette bande son est l’identité sonore même du festival. Elle est donc indétrônable tant elle fait partie de la marque « Festival de Cannes ».
Pourrait-on se passer du « tam tam tadam » de la SNCF avant chaque annonce au micro ? Vous allez peut être répondre oui, mais ça ne serait pas très Charlie. Même chose donc pour cet opening musical avant chaque diffusion de films.

Entendre cette subtile mélodie c’est réaliser un rêve de gosse pour une partie des artistes présents lors du festival. Et si cette délicate caresse sonore semble si spéciale, c’est parce qu’à elle seule elle arrive a symboliser les étoiles que l’on peut dénicher dans les yeux de ces anciens enfants. Et ça change des pubs du Gaumont Pathé du quartier.

Alors pour réaliser un tel spectacle auditif, il faut du matos : violons, violoncelle et contrebasse, flûte traversière et clarinette, xylophone, pianos et enfin harmonica de verre se parent de leurs plus belles notes du dimanche pour jouer ce tableau merveilleux et fantasmagorique.

A mi-chemin entre la « magie » du thème générique d’Harry Potter et la musique de la découverte de la Grande Vallée dans le film d’animation le Petit Dinosaure (oiiiinnnnn), elle était toute trouvée : une musique de ciné, qui fait ciné, pour du ciné.

Simple plaisanterie au départ pour son auteur, nombreux sont les réalisateurs à avoir fait confiance à la pièce musicale de Camille Saint-Saëns pour accompagner leurs films. Le carnaval des animaux illustre en effet plusieurs scènes de films, à l’image des flamants roses dans Fantasia 2000 (avec le flamant violet chelou là). C’est aussi le cas dans une scène de La Belle et la Bête, toujours pour le pays imaginaire Disney. Consécration ultime, la pièce est le fond sonore de certaines pubs Décath (bon là pour le côté magique, on trouve pas les mots).

Plus sérieusement, le thème « Aquarium », celui du Festival, est également utilisé par Ennio Morricone dans le fameux film de Terrence Malick, « Les moissons du ciel”, prix de la mise en scène au Festival de Cannes en 1979. Le réalisateur, avec ses films au réalisme onirique, est donc emblématique de ce Festival, qui l’a d’ailleurs aussi récompensé d’une Palme d’Or en 2011 pour « The tree of life”.

Même chose avec le film « L‘Etrange histoire de Benjamin Button », réalisé par David Fincher, avec Brad Pitt et Cate Blanchett dans les rôles principaux. Et le clou du spectacle : la sublime et immortelle Kylie Minogue l’utilise en entrée de concert pendant sa tournée de 2011 Aphrodite : Les Folies Tour.

Voila pour notre petite contribution « cannoise ». Et si vous connaissez d’autres références dans lesquelles retrouver cette mélodie du bonheur, n’hésitez pas ! Cheers 🙂

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