Faze Miyake – self-titled LP

C’était un de ces soirs de semaine où, un peu fatigué, l’auteur de cette chronique était tranquillement assis sur sa chaise pas confortable et commençait à écrire. Comme à son habitude, c’était sur de la musique cotonneuse et mélancolique, un tantinet déprimante. Mois d’octobre oblige, il se sentait d’autant plus dans son droit. En effet, « l’hiver est plus proche qu’il y a un mois non ? ».

Empêtré dans une métaphore un peu gênante avec des poussins se baladant sur un nuage, il décida alors de faire une pause. Étirements, roulage de spliff, lancement du compte soundcloud, c’est là qu’il tomba sur une track du producteur Faze Miyake. Qui ? Il n’en savait rien non plus. Pourtant, au bout de 20 secondes ses pantoufles avaient traversé la pièce, ses deux bras s’étaient levés, et ses coudes se mirent à faire un mouvement étrange, une sorte de mouliné horizontal. Mais que s’était il passé ?

Avant d’en parler, voici tout d’abord la réponse sonore à cette question :

L’auteur de ces lignes venait tout simplement de se prendre dans la face le morceau « None Of That Stuff  » featuring Family Tree, une UK Bass bien vénère et surtout ULTRA efficace. Du grimes croisé avec des beats trap, passés dans une chaudière dubstep mélangeant et fondant samples, synthétiseurs avec des mégas basses fuzzantes.

Il décida alors de se renseigner un peu sur ce mystérieux Faze Miyake. Premier album pour Farris Malik donc, un DJ et producteur de 26 ans officiant sous le blaze Faze Miyake. Un habitué de la scène grimes anglaise et faiseur de beats dont l’écoute des précédents EP, et il s’en rendit compte par lui même après une heure ou deux de décrassage de sa discographie, ne pouvait pas vraiment présager d’une telle claquasse. Car le mec venait ici de réussir à mixer ses influences (qui semblent bien larges) pour produire un son étonnant et visiblement dans un seul but :  fracasser ton dancefloor (même s’il s’agissait, pour le coup, du lino moisi d’un appartement pas terrible).

L’album quant à lui se composait de dix sept tracks, dont certaines en featuring avec des Mcees, très influencées par la science fiction selon ses dires – le mec est apparemment un gros drogué de cinéma – pouvant évoquer une block party se déroulant dans un paysage d’apocalypse technologique, où l’on verrait des djeuns aux habits brillant comme des néons travailler leur breakdance de façon surnaturelle grâce à des prothèses robotiques.

Il se mata ensuite le clip de “The Nest” featuring Litlle Simz, rappeuse au flow « grimes style » bien affûté :

S’incluant sans forcer dans la seconde vague du Grimes avec les Skepta et cie, ce premier long format lui fît d’ailleurs penser à l’album (éponyme également) du all star band Future Brown sorti en début d’année. Mais où ceux ci avaient un peu déçu avec des productions certes innovantes dans le concept mais qui s’avéraient un peu trop dispersées sur la longueur, et parfois même légèrement de mauvais goût, Faze Miyake réussissait son coup en maintenant un ratio expérimentation/efficacité très équilibré.

Comme sur la track “Ice cold” avec chanteuse Rn’B Inga Copeland, où il réussit à distiller une ambiance légèrement inquiétante et en même temps posée, avec des jeux avec les voix bien classes. Sans oublier également la tuerie “Below Me” et son remix plus perché mais pourtant ultra bien troussé, qui lui fît pratiquement apparaître des lazers au dessus de la tronche.

« C’est sorti le 2 octobre sur le label de la fameuse radio londonienne Rinse, et ça se chope sur leur site. » se dit-il, « Yallah ! ».

Cette chronique au passé pris fin, et le rédacteur se dit alors qu’il avait vraiment besoin d’un week-end, car « la concordance des temps, c’est épuisant ». A vous de juger si c’était vraiment nécessaire, voici les 5 titres qui l’ont inspiré :