Choir of Young Believers – Face Melting (video clip)

Choir of Young Believers est un groupe Danois formé par Jannis Noya Makrigiannis en 2007, et pour tout vous dire, nous venons de copier cette phrase dans wikipedia. Car oui, l’auteur de cette chronique l’assume parfaitement : il ne les connaissait pas.

Jusqu’à ce qu’il tombe sur ce morceau, “Face Melting”, premier extrait d’un album à sortir sur le label Ghostly International. Et surtout sur son clip, qui s’avère être l’illustration d’un morceau la plus déconcertante qu’il ait été amené à voir depuis, allez, disons ces trois derniers mois (et c’est beaucoup pour notre époque “Jason Statham dans Hypertension”).

Car il y a bien quelque-chose qui cloche dans ce clip. Quoi, vous nous direz ? Oh juste quelques détails, qui pourraient être anecdotiques pris séparément, mais qui mis bout à bout amènent à ce rendu final plus que WTF. C’est à dire: images basse qualité au ralenti, chanteur qui pose en short taché et veste Adidas un gobelet à la main, Twingo garée face à un paysage de Garrigue, copain papi moustache en sweet capuche qui représente et fume sa roulé, un gosse et des bébés chats qui trainent dans le coin… A un moment le chanteur se met aussi à danser tout seul, tel un hipster dans une boite Rn’B. Mais devant le chantier d’un cabanon. Bon, en fait, c’est indescriptible. Matez ça et si ça va toujours pour vous, on parle de la musique juste après.

Coucou, vous êtes toujours là ? Nous aussi. Il faut l’avouer, l’expérience se révèle finalement assez fascinante (et drôle). En effet, la chanson, sorte de pop électronique aux limites de l’expérimental, rend le tout encore plus trouble et improbable. Comme un cœur en mauvaise santé, le morceau déraille par endroit, pour ensuite ré-accélérer avec un beat sorti de nulle part et qui nous entraine malgré nous dans une danse sous codéine. Ajoutons que le « come on » dépitché qui revient tout du long est assez bien trouvé.

Le délire de cette chanson fait d’ailleurs un peu penser au projet Gayngs, collectif d’artistes dédié à la gloire du soft rock 80’s et du Rn’B, qui réunissait des gens tels que Bon Iver, Poliça, Solid Gold… Et proposait une mixture certes assez kitch, mais avec le recul suffisant, et des compositions qui faisaient passer le tout comme un mail sans pièce jointe (mais avec des saxophones). Et on espère que Choir of Young Believers va donc continuer sur cette voie réflexive, bancale et touchante, mais en tout cas intéressante.

ATTENTION – CE PASSAGE  SE RÉCLAME DU JOURNALISME MUSICAL (cad : on fait style qu’on connaissait avant)

Notons que cette démarche semble éloigner le groupe de ce qu’il faisait auparavant.  C’est à dire de la pop très orchestrée, assez minutieuse et très très bien produite, avec en sus de belles idées d’arrangement. Malheureusement aussi un peu poussive par moments, et qui nous laisse parfois un peu froid. Mais cela n’empêche pas aux danois d’avoir remporté un gros succès avec son album de 2009, This Is for the White in Your Eyes, et ses tubes « Hollow talk » et « Claustrophobia« .

Le groupe sortait en 2012 l’album Rhine Gold, qui montrait leur volonté de complexifier un peu leur son, tout en gardant l’évidence mélodique de ces ballades à la mélancolie très adolescente. Ce n’est pas encore totalement notre came, mais des morceaux retiennent quand même notre attention, comme ce long et assez intense « Paralyze » – et son clip comportant un degré de chelouitude moindre que celui que l’ont vient de regarder, mais pas mal dans son genre quand même :

Voila donc que ce « Face Melting » et son clip très « heuuuuu » a tout de même réussi son job, c’est à dire nous faire un peu saliver pour la suite, et nous amener à nous intéresser à la musique de ces Choir of Young Believers. Comme quoi, il faut parfois être un peu désagréable pour se faire entendre…