Cubenx – Banquet EP

0
2 vues

Bonne nouvelle ! Cubenx nous revient le 6 novembre avec un nouvel album, Elegiac, et vient de lâcher comme salve de prévention un EP au spatiomètre de pastis synthétique très élevé, intitulé Banquet, qui nous donne très, très envie. Constitué de quatre titres dystopiques à souhait, on y retrouve avec plaisir l’univers doux et saturé de l’artiste, croisé avec un délire à la Blade Runner.

Rappel : Cubenx est un producteur de musique électronique d’origine mexicaine signé sur le label Infiné depuis 2007,  auteur de plusieurs disques de house minimale teintée d’electronica, puis d’un très remarqué premier album On Your Own Again en 2011, qui faisait un peu exploser ses influences. Deux EP ont suivis, beaucoup plus orientés “danse sur le sol” que ce que nous allons écouter aujourd’hui, For the Blues en 2012 puis le très beau et (toujours) planant Mercuriale en 2014.

En effet, ce nouveau Banquet s’avère être beaucoup plus proche de son travail pour l’album On your own again. Et cet effort nous avait beaucoup marqué à l’époque. A l’instar du Smoke The Monster Out de Damian Lazarus sorti deux ans avant, le disque nous avait touché par sa volonté de briser la linéarité communes aux LP de musique électronique « dancefloor » pour proposer autre chose. Un voyage un peu mouvementé qui voyait les morceaux passer par différents états, jonglant entre les genres musicaux. Entre lâchés de guitares shoegaze, chant presque New Wave, rythmiques post punk, explosions electronica, piano mélancolique… Ça partait dans tous les sens, mais les morceaux étaient tenus par une sensibilité mélodique très à fleur de peau. Comme en témoigne l’envoûtant single “These Days” :

Mais revenons à nos petits moutons électriques, avec la sortie de ce Banquet.

Le premier morceau éponyme, “Banquet” donc, nous plonge dans une sorte de brouillard magnétique au pied d’une montagne imposante, des nappes orageuses se formant lentement à son sommet, et qui finissent par éclater dans des percussions autant pétaradantes que vintages. Arrive ensuite l’éclaircie mélodique, qui prendra de la consistance peu après avec la voix de la chanteuse Pris Wayland, presque incantatoire.

“Blazing”, le morceau le plus “electro” de l’EP – avec sa rythmique binaire et sa basse profonde – est un petit voyage spatial comme on les affectionne tant, ainsi que, on n’en doute pas, les membres du label Infiné. Car ce goût pour une transe hypnotique et mélodique est une chose que Cubenx partage bien évidemment avec ses confrères de label Rone ou Arandel, et qui rappelle également les belles heures du label Border Community, pour qui la voltige émotionnelle était un peu comme un sacerdoce.

On ne sait pas si c’est son titre, son ambiance ou la voix de Pris Wayland, mais à l’écoute de cette balade aux frontières du trip hop s‘impose à nous des images à la fois glamours et déviantes. Comme une pub pour un parfum au LSD dont la fragrance serait diffusée par des puces corporelles. “Deauville”  par Cubenx, pour vous, les cyber-guédros :

Le dernier morceau de l’EP, “Reality Check”, notre préféré, est une longue plage à la limite de l’ambient. Avec ses reflux de guitares très “miami loneliness”, on se verrait bien d’ailleurs le conseiller à un réalisateur comme Michael Mann, le jour où il souhaiterait tourner un space opéra. On finit donc en douceur, tout en s’imaginant un hélicoptère survolant au ralenti un robot chien loup déambulant sur une route en apesanteur, cerclée d’immeubles et de panneaux publicitaires où clignoteraient la pochette de ce disque.

Si ce banquet n’était qu’un apéritif, alors ce qui est sûr c’est que l’on va être bientôt très bien servi. Et c’est avec cette touche d’esprit finale dont nous sommes trèèès fier que nous vous faisons atterrir en vous conseillant de vous procurer le disque par ici, ou de passer le cap et de carrément pré-commander l’album comme des oufs.

 

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here