Château Sonic, l'interview de dernière ligne droite

Château Sonic - © Antoine Cormier

Naissance d’un festival, Château Sonic.

 

Quand on a entendu parler d’un nouveau festival indé dans un château médiéval pour la première fois, on s’est dit que c’était une idée brillante. Et puis, on s’est posé plein de questions un peu saugrenues parfois. On a attentivement suivi la grossesse, la naissance, et on est fier d’assister aux premiers pas de Château Sonic dans quelques jours. Dans la dernière ligne droite et les derniers préparatifs, le potes de l’orga ont répondu à nos questions pour finir de nous motiver à faire la fête avec eux.

 

Château Sonic panoramique

 

Monter un festival de musiques actuelles dans un château médiéval perdu dans la montagne avec une équipe de jeunes diplômés… Quelle mouche vous a piqué ? Qu’est-ce qui vous a pris de lancer un projet aussi fou ?

 

Nous sommes fous et avons la conviction que notre projet est beaucoup plus rationnel, utile et épanouissant que ce que le monde du travail nous propose. De plus l’adjectif « audacieux » était présent dans nos CV et nous avions donc besoin d’un exemple pour l’illustrer.

 

Il existe des centaines de festivals en France dans des lieux plus accessibles, qu’est-ce qui différencie Château Sonic des autres festivals ? Pourquoi tenterait-on l’aventure avec vous plutôt qu’ailleurs ?

 

Nous n’avons pas la prétention de créer une recette totalement nouvelle mais nous proposons un assaisonnement particulier. Château Sonic est basé sur trois points: proposer la découverte d’artistes peu connus, la pratique d’activités culturelles et sortir le festivalier de son rôle de spectateur.

Mais notre identité ne s’arrête pas là. Il y a incontestablement des choix politiques dans notre projet. La gratuité de la moitié du festival ainsi que son offre pour toutes les tranches d’âges nous semblaient indispensables et ont exigé une importante quantité de travail. Nous avons également choisi de présenter d’un côté des ateliers culturels et de l’autre, des ateliers engagés traitant du droit d’asile, du féminisme ou encore l’absurdité des emplois actuels.

Venir à notre festival c’est remplir ses oreilles et ses yeux aussi bien que sa tête. Enfin, nous disposons d’un beau site depuis lequel on voit le lac Léman et ses plages. La région est riche en population, touristes, moyens de transports et banques suisses dont les qualités ne sont plus à démontrer.

 

Vous avez un quasi-homonyme qui s’est lancé cette année aussi. On est entre nous, vous pouvez nous le dire. Alors, qui a piqué l’idée de qui ?

 

Au mois d’octobre 2015, nous avons choisi le nom du festival avec une centaine d’amis. Chacun pouvait faire une proposition puis voter. L’existence d’un homonyme n’était pas connu de tous et n’a pas été retenu comme un problème puisque nous n’étions pas dans la même région. Nous avions alors une vision de notre projet très limitée, tant au niveau géographique qu’au niveau du concept. Nous avons donc mis en avant le principal atout que nous possédions : le lieu.

Mais je vous avoue que des propositions comme « le châteausphère de ma mère », « château melon et bottes de maille » ou « Stéphane Bern fout le feu » avaient ma préférence. Aujourd’hui, Château Sonic pourrait très bien changer de nom, tant son contenu a plus de signification que son contenant.

 

Côté programmation, vous avez peu de noms connus, c’était un parti pris pour faire découvrir la scène française ou juste une question de budget ?

 

Le budget est une modalité, pas la définition de notre identité. Avec plus d’argent, une programmation du même type serait proposée car nous n’avons pas démarré cette aventure pour honorer des valeurs musicales sûres. Ce festival a été monté pour proposer des artistes et messages qui méritent d’être mis à l’honneur dans un lieu unique. Cet état d’esprit a d’ailleurs été suivi par les intervenants qui participent bénévolement ou pour des cachets modiques.

 

Quel groupe vous rêvez d’inviter à prendre possession du château ? Le line-up le plus fou que vous ayez imaginé ?

 

Sans aucune hésitation : Darius, le descendant de Cassius. (attention ironie, ndlr)

 

 

Vous utilisez les espaces extérieurs du château (on veut pas vous porter le mauvais œil mais espérons qu’il fasse beau), vous comptez investir l’intérieur pour les éditions à venir ?

 

Les conditions de sécurité au sein du château sont très lourdes à organiser/financer. De plus, les pièces ne proposent pas forcément une acoustique remarquable. Elles pourraient donc être ouvertes afin d’y tenir les activités journées des associations.

 

Donc c’est bien parti pour durer et grandir cette histoire ?

 

Nous continuerons contre vents et marées à améliorer et étoffer Château Sonic sauf si on me propose un poste de manager toboggan chez Aquaboulevard !

 

Château Sonic

 

En préparant le festival (ou pas, d’ailleurs), qu’est-ce que vous avez découvert récemment ? Qu’est-ce que vous écoutez en boucle en ce moment ?

 

Au Château on aime danser comme des dauphins sous acides, on est donc assez fan de la disco acidulée du DJ Waxist.

 

 

Si les membres de l’équipe étaient une boisson, vous seriez quoi ? Et si le festival en était une ?

 

Dans tous les cas, des boissons pas bien chères. Je dirais une bonne pinte fraîche pour le festival : familière, réconfortante et annonciatrice d’une bonne soirée.

Et pour l’équipe, une bonne pinte fraîche à 12 degrés: familière, réconfortante, et annonciatrice d’une bonne soirée.

 

Merci ! Bisous ! Amour ! Si ça vous a donné envie de danser entre copains, just press play : 

 

Château Sonic