Dans les caves américaines se brasse une nouvelle cuvée punk rock

Ça fait un moment que l’on écume les caves parisiennes sans répit afin de vous dégoter les meilleurs crus underground US. Punk, emo, alternatif, power pop, post-whatever, donnez leur le nom que vous voulez, une nouvelle vague du punk rock indé venue des Amériques s’abat régulièrement sur nos oreilles. On vous avait déjà parlé des jeunes Julien Baker, Lucy Dacus, Pinegrove, The Hotelier, Phoebe Bridgers et bien d’autres… Mais le foisonnement est si enthousiasmant qu’on vous a concocté une petite sélection d’albums tout nouveaux tout beaux. Des caves parisiennes aux basements américains il n’y a donc qu’un pas imaginaire à faire avec nous au dessus de l’Atlantique. Montez à bord, on vous amène en road trip sur les routes du punk-rock DIY made in USA !


Comme on ne fait rien comme les autres et qu’on va parler de punk mélodique sur un site accros aux sonorités groovy, on commence évidemment en Pennsylvanie. Pourquoi ? Et bien parce que. On pose donc nos valises à Philadelphie (pour les gens qui seraient tentés de checker sur une carte, c’est dans le New Jersey, au Sud de New-York) et on commence à fureter dans les ruelles sombres et les bars miteux. En esquivant les toxicos pas jojos, on finit par trouver un skateshop et par demander où est le disquaire le plus proche. C’est la porte à côté et bingo ! On tombe sur New Kind Of Normal de Cayetana, un groupe de meufs turbulentes qui envoie du riff clair et de la jolie mélodie.

Mais pas le temps de se réjouir plus que ça, on finit notre bière en canette offerte par un mec chéper devant le disquaire et on se bouge le cul pour choper notre bus qui nous amène à Hartford dans le Connecticut (au Nord de NYC). En arrivant on galère à la gare routière, et comme ça se voit, une bande de potes nous donne un coup de main et nous invite à un house-show. On les suit jusqu’au garage qui accueille le groupe Sorority Noise qui balance le son tourmenté de leur nouveau disque You’re Not As _____ As You Think. Des morceaux cathartiques, de la fragilité et des sujets pas folichons mais une réelle énergie pogotative. Jugez-en par vous même :

On applaudit, on boit des bières, on parle ricain et on finit par prendre la route dans une bagnole déglinguée direction Chicago dans l’Illinois (ça va, vous voyez où c’est). On est bien rincé par les 14 heures de route, on pue la mort parce qu’on a pas voulu s’arrêter dans un motel pourri et on a envie de se déchaîner dans une cave qui sent la transpi et la bière. Ça tombe bien, on se retrouve dans un basement crado pour hurler avec Meat Wave et son post-punk bien vénère étalé dans The Incessant en début d’année.

Après que chacun ait remis son t-shirt tout déchiré, on se dit qu’il est peut-être temps de rentrer… Mais on allait quand-même pas esquiver la grosse pomme. Dis, cette fois, on y va en avion ? C’est pas très punk mais tant pis, on vaincra le capitalisme une autre fois. Nous voilà donc à New-York City baby et on se retrouve assez vite en compagnie d’une bande de weirdos queer punks dont les potes jouent dans un bar au bout de la rue là-bas. Ni une, ni deux, on y est déjà et on secoue la tête avec délectation devant les titres tirés de Silver Haze de Aye Nako en renversant de la bière sur nos vans poussiéreuses.

Se balader dans l’Amérique underground, ça creuse (vous l’avez ?) alors on achète un burger bien cheap et bien gras pour éponger toute cette bière ingérée plus tôt. On a encore le temps pour une petite pépite. Et ça tombe à pic parce que voilà le duo Diet Cig qui débarque dans notre diner minable. On s’envoie donc l’album Swear I’m Good At This et le punk gentiment pop cool qui en découle.

Et on termine notre premier tour d’horizon devant le concert à l’arrache de Surf Curse, originaires de Nevo dans le Nevada, sur la pelouse d’une fac. Mélange d’énergie écorchée et de mélancolie adolescente, leur pop est fun, émotionnelle, puissante. Le chanteur batteur Nick Rattigan donne beaucoup, suivi de près par l’androgyne guitariste Jakob Rubbeck. Une jeune guitariste ressemblant étrangement à un personnage de beavis & butthead les accompagne, et s’éclate. Mais les clichés « teen movie indépendant » s’estompent peu à peu, et on redescend sur terre en nous rappelant qu’en fait nous sortons de leur premier concert en France, à la Mécanique Ondulatoire. Et qu’on s’écoute leur dernier album, Nothing Yet, en boucle depuis sa sortie en début d’année.

Et nous voilà donc de retour sous la grisaille parisienne, qu’on n’avait en fait jamais vraiment quitté (la magie du storytelling), avec une playlist bien fournie en titres à écouter quand t’es vénère et que t’as besoin de te défouler, ou d’être un peu dark parce que ça va pas trop trop et que t’as besoin d’écouter des gens tristes aussi. On va avoir les oreilles qui bourdonnent pendant trois semaines avec ces conneries mais ça en valait la peine, non ? Et merci à tous les chevelus du continent Américain de ne pas être *que* des trous du cul, on vous aime quand-même !

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