Blakesmith – Complex EP

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Avec plus de 10 ans à expérimenter seul au fond de sa chambre, Blakesmith fait partie de cette étrange secte de passionnés dont le let motiv’ a toujours été « à la recherche du sample parfait » ou plutôt « à la recherche du meilleur moyen de mettre en valeur un sample ». Mais difficile de se jauger quand les seuls avis que l’on récolte sont ceux de ses amis ou de sa maman qui, bien que spontanés et sincères, ne sont pas forcément les plus objectifs au monde. Quoi de mieux alors qu’un Beatmaker Contest pour se mesurer aux autres et savoir enfin ce que l’on vaut réellement et, surtout, si ce que l’on fait plaît aux autres ?

Vous l’aurez compris, c’est de cette manière que Blakesmith est entré dans le game. A l’ancienne, cousin ! Et c’est grâce à cela qu’ il a pu collaborer avec pas mal d’artistes, notamment le rappeur Swift Guad sur sa mixtape « Street Métaphore », mais aussi avec le beatmaker londonien Gifted The Great avec qui il a sorti un EP l’année dernière. Mais c’est surtout cette année que sa carrière a pris un nouveau virage. En effet, Blakesmith vient tout juste d’intégrer la grande, belle et talentueuse famille du label parisien Cosmonostro et en a profité pour lâcher un EP de haute volée…

Voici donc Complex, dont le titre évocateur cadre bien avec les 10 années d’expérience évoquées plus haut. 9 pistes très courtes, certaines ne durant qu’une minute, oscillant entre ancien et nouveau, racines et expérimentation; Tout est prétexte à raconter une histoire. On pense à Guts, forcement, mais avec une petite touche de modernité en plus. Et c’est plutôt cool. Extraits de discours politiques, voix et musique black se mélangent habilement sur de belles rythmiques syncopées qui claquent bien derrière l’oreille.

 

Les instrus de Blakesmith sont particulièrement imprégnés de jazz. Sur « spread the love » par exemple, les nappes se mêlent à la trompette. Sur « Ride With Me » et « What Matters », le piano s’amuse et s’offre une petite impro. La basse quant à elle est en règle générale plutôt discrète et accompagne le beat de manière subtile comme sur « Soulishness » ou encore « Thank You ».

La violence, comme dans un bon film de vengeance, il faut attendre la fin pour l’avoir. Blakesmith nous offre comme feu d’artifice final un superbe remix du rappeur californien Crooked I, saignant comme il faut et s’écartant un peu du jazz pour nous plonger directement au plus profond du dark side de la force hip hop. La phrase  « You Only Die Once My Negger » résonne, les pads sont puissants et on se prend à avoir ce besoin étrange qui consiste à secouer la tête d’avant en arrière comme si on était dans une vieille Cadillac aux amortisseurs ressorts. THUUG

Voilà pour la petite découverte.
Sachez que vous pouvez vous procurer Complex pour seulement 2 euros sur Bandcamp.

Et c’est par ici que ça se passe !

Cheers 😉