Beach House – Depression Cherry LP

Le duo de Baltimore est (enfin !) de retour avec leur cinquième album, Depression Cherry. À cette occasion, Victoria Legrand et Alex Scally nous embarquent vers un espace onirique où le temps se dilate et nous enveloppe dans du velours, dont sont d’ailleurs couverts les CDs et les vinyles qui matérialisent cet album.

Loin de tourner en rond dans un style qui leur est propre, Beach House explore de nouveaux horizons en restant fidèles à leur identité musicale qu’on aime tant. Depression Cherry regorge de lignes mélodiques simples et efficaces, d’atmosphères chimériques et d’harmonies délicieuses où la voix si particulière de Victoria se mêle à celle, aérienne, d’Alex. Le groupe prend son temps dans des morceaux assez longs pour fixer cette langueur pourpre qui donne son nom au disque.

On entre dans cet univers inconnu et étrange par « Levitation » et ses synthétiseurs vibrants. Victoria Legrand nous prend par la main, « There’s a place I want to take you » nous murmure-t-elle avant que nous ne découvrions la mélodie entêtante et crépitante de « Sparks » qui s’entremêle avec d’étranges incantations et des mélodies qui s’épanouissent lentement, la signature du groupe.

L’exploration continue avec la nébuleuse « Space Song » dont les synthés et la guitare nous font décoller en douceur et qui, en passant par un doux «Tender is the night for a broken heart », nous amènent « Beyond Love ». Ce morceau se dévoile alors par une intro presque épique puis Alex y égraine des notes langoureuses.

Viennent ensuite deux chansons aux titres intrigants « 10:37 » et « PPP ». La première est dominée par des percussions et des basses parmi lesquelles se fondent des harmonies vocales. La seconde traduit dès son intro l’identité musicale de Beach House puis le parlé remplace pour un temps le chant et s’immisce dans un souffle.  « Are you ready for this life ? ». À ce moment précis, on est prêt à tout pour continuer l’aventure.

Notre pérégrination croise alors la flore de ce monde étonnant avec « Wildflower » dont la mélodie irisée séduit tout de suite ; et sa faune avec « Bluebird » dont la rythmique enlevée contraste avec un chant très posé. On se laisse porter jusqu’à « Days Of Candy » et ses chœurs quasi sacrés qui nous font quitter tout en délicatesse ce très bel album.

De ce voyage mélancolique, on garde des images floues, des sensations fugaces et des envies de rêveries à n’en plus finir. Hagards après cette séance d’hypnose musicale, on voudrait y replonger encore et encore. Chaque écoute, nous faisant découvrir à nouveau un détail, un recoin confortable ou un motif enivrant qui nous aurait échappé.

On pourra retrouver Beach House en tournée aux Etats-Unis et en Europe, et cerise sur le gâteau, leur date parisienne aura lieu au Pitchfork Festival. Toutefois, on espère très fort les retrouver en 2016 dans une petite salle, bien plus propice à la flânerie intimiste de Depression Cherry.